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Renault Trucks a trouvé "toute sa place" au sein de Volvo

Constructeurs

Après les années de doute, marquées par deux plans sociaux consécutifs, le constructeur de poids-lourds Renault Trucks a trouvé "toute sa place" au sein du groupe Volvo, assure son président Bruno Blin.

"Nous avons vécu une période où il y avait des interrogations sur l'avenir de Renault Trucks. On peut désormais considérer l'avenir de manière beaucoup plus sereine, même si notre industrie va connaître des bouleversements qui nous obligent à investir très fortement", indique M. Blin lors d'un entretien accordé à l'AFP au siège de l'entreprise à Saint-Priest (métropole de Lyon).

Depuis 2017, "nous exécutons un plan" reposant sur l'autonomie des diverses marques du groupe (Volvo, Renault Trucks, Mack et UD). Ces différentes marques "ne s'adressent pas exactement aux mêmes clients et ne leur apportent pas les mêmes réponses", explique-t-il.

Pour la quatrième année de suite, Renault Trucks a augmenté ses livraisons en 2018, avec 54.868 véhicules facturés (+10% sur un an), sans pour autant retrouver ses records de la "folle année" 2007 (70.000 véhicules).

"Nous augmentons nos parts de marché. Pour les véhicules de plus de 16 tonnes, nous progressons de 0,2 point en Europe, ce qui est significatif car nous évoluons sur des marchés extrêmement matures", relève le responsable.

Le constructeur a commercialisé 23.581 camions en France (+10,1%), 26.830 dans le reste de l'Europe (+13,5%) et 4.457 dans le reste du monde (-8,8%) où il a souffert de l'arrêt des importations décidé par les autorités algériennes.

En 2014 et 2015, deux plans sociaux avaient conduit à la suppression d'un millier de postes en France, principalement dans l'agglomération lyonnaise, sans licenciements secs.

Mais "nous avons retrouvé les effectifs perdus" à l'époque, souligne M. Blin. "Même si ce ne sont pas les mêmes emplois - nous avons augmenté nos effectifs dans les usines et réduit ceux de cols blancs - ni les mêmes endroits" qui en ont profité.

 

Tout électrique

L'ancienne filiale de Renault a en particulier accru l'emploi dans ses usines de montage de Blainville (Calvados) et de Bourg-en-Bresse (Ain), qui emploient désormais l'une et l'autre quelque 2.000 personnes.

Le groupe compte aussi quelque 5.000 salariés dans ses implantations lyonnaises. Il y dispose de son siège social à Saint-Priest et d'une usine de moteurs et d'éléments de carrosserie à Vénissieux à quelques centaines de mètres de distance. Il a récemment annoncé un investissement de 33 millions d'euros pour y regrouper ses activités de recherche et développement.

A l'étranger, Renault Trucks dispose d'une petite unité de montage en Arabie Saoudite et s'apprête en ouvrir deux nouvelles en Algérie, pour contourner l'embargo sur les importations, et au Kenya.

Grâce à l'appui de sa maison-mère, Renault Trucks a pu investir dans l'électrification de ses véhicules - il va commercialiser en 2019 des camions de livraison et des bennes à ordures tout électrique - et leur connectivité. Il se prépare aussi à l'arrivée des nouvelles normes européennes qui obligent les constructeurs à réduire de 15% la consommation de leurs véhicules d'ici 2025.

Par un hasard du calendrier, le constructeur présentait ses résultats commerciaux au moment même où plus de 1.200 salariés ou ex-salariés l'attaquaient en justice pour se voir reconnaître un "préjudice d'anxiété" lié à leurs années de travail en milieu amianté.

Le dossier, que M. Blin n'a pas souhaité commenter, porte sur des pratiques antérieures au 1er janvier 1997.

fga/ag/nth

© 2019AFP