Les véhicules des marques Renault et Dacia se sont écoulés à 1,57 million d'unités dont 62% en Europe, où le groupe a vu ses livraisons progresser de 14% par rapport à la même période de l'année dernière, a indiqué l'entreprise au losange en confirmant ses objectifs commerciaux pour 2016.
"Au niveau commercial, c'est un premier semestre record pour Renault, le meilleur semestre de son histoire", s'est réjoui le directeur commercial du groupe, Thierry Koskas.
Les près de deux tiers d'immatriculations réalisées en Europe montrent que le groupe reste dépendant de ce marché, mais il s'agit en partie d'un effet mécanique dû au dynamisme retrouvé dans cette zone après la crise de 2008-2013, et à la déprime de certains pays émergents.
"Evidemment, quand on voit ce chiffre (de 62%), on se dit que le poids de l'Europe est important, mais ce n'est absolument pas le signe d'un recentrage sur l'Europe" pour la stratégie du groupe, a assuré M. Koskas lors d'un point presse.
Fin 2015 et début 2016, Renault s'est en effet attaqué aux deux pays les plus peuplés du monde, ouvrant sa première usine en Chine et commençant à produire en Inde sa voiture "ultra low-cost" Kwid.
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions des ventes en Chine: près de 10.000 Renault y ont été immatriculées au premier semestre, une goutte d'eau dans un marché de plus de 20 millions d'unités annuelles.
En Inde, la Kwid continue à bien se vendre: 150.000 commandes depuis son lancement l'année dernière. Au premier semestre, 62.000 Renault dont 46.600 Kwid ont été écoulées dans le pays, permettant au groupe de s'arroger 3,8% de part de marché.
Bond des ventes en Iran
La zone "Afrique Moyen-Orient et Inde" voit du coup ses immatriculations Renault bondir de 38,2% et devient la deuxième en volume pour le groupe avec 209.000 unités.
Cette région comprend aussi l'Iran, où la réouverture du marché a permis de multiplier les livraisons de Renault par trois et demi au premier semestre, à 34.000 véhicules.
"On a en Iran une capacité de production de 200.000 voitures par an avec nos usines et nos partenariats (...) on est couverts par rapport à nos ambitions commerciales pour cette année", a assuré M. Koskas.
Le tableau général est toutefois assombri par les marchés brésilien et russe, en baisse pour des raisons macroéconomiques, et algérien, après l'imposition de barrières douanières. Les volumes de Renault y baissent mais ses parts de marché augmentent, a argumenté M. Koskas.
La zone "Eurasie" englobant notamment la Russie est en retrait par rapport à la moyenne, avec une croissance de 4% sur la période à 165.500 unités, la troisième pour le groupe. Le marché automobile russe s'est effondré sur fond de crise ukrainienne et a encore perdu 14% au premier semestre 2016, selon Renault qui dit y avoir gagné 0,4 point de part de marché.
En revanche, en Turquie, le groupe a vu ses immatriculations bondir de 16,8%.
La région "Amériques", soit l'Amérique latine puisque Renault n'est présent ni aux Etats-Unis ni au Canada, rétrograde pour Renault de la deuxième à la quatrième place avec une baisse des immatriculations de 3,8%, et le Brésil dégringole de la deuxième à la septième place au classement des pays.
L'Italie est désormais le deuxième pays pour Renault, après la France où le groupe détient 27,4% du marché.
Interrogé en outre sur les conséquences du vote britannique sur une sortie de l'Union européenne, M. Koskas a affirmé que Renault n'avait pas "changé de politique commerciale" au Royaume-Uni.
Quant aux effets sur le marché européen, "on peut faire toutes les suppositions qu'on veut (...) mais nous ne sommes pas conduits à revoir nos prévisions", a-t-il ajouté.
Renault a donc confirmé jeudi ses objectifs commerciaux pour 2016: poursuite de la croissance des volumes, renforcement en Europe et progression des parts de marché dans toutes les régions.
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