Renault: les syndicats valident un accord sur emplois et conditions de travail

Les syndicats CFE-CGC, CFDT et FO de Renault ont signé et ainsi validé mardi un accord négocié avec la direction portant notamment sur les emplois et conditions de travail, avec 2.500 embauches prévues parallèlement à près de 1.700 départs volontaires, ont indiqué ces parties.

L'autre syndicat représentatif du constructeur automobile, la CGT, n'a pas signé cet accord triennal (de 2022 à 2024), car il "fait supporter aux seuls salariés ce nouveau plan d'économies", a-t-elle critiqué.

Totalisant 75,8% de représentativité syndicale sur le périmètre concerné par l'accord, les trois syndicats signataires valident avec leur paraphe ce texte baptisé "Re-Nouveau France 2025". Il contient un volet "industriel ambitieux qui vise notamment à faire de la France le coeur du véhicule électrique pour Renault Group" et "le centre de production de moteurs électriques", selon l'accord consulté par l'AFP.

Renault s'engage ainsi à "affecter à ses usines françaises la production de neuf nouveaux véhicules, dont une majorité 100% électrique", comme la future Renault 5 électrique ou le Nouveau Kangoo électrique, d'après le document.

Le "futur moteur électrique 100 kW" sera aussi fabriqué en France et l'"ingénierie française" sera placée "au coeur des technologies d'avenir" pour "relever les défis de l'électrification, de l'hydrogène ou du numérique", promet Renault dans ce document.

Le groupe vise une production hexagonale de "plus de 700.000 véhicules sur un an à horizon fin d'accord", soit une progression de "plus de 36%" par rapport à 2020 et de "plus de 12%" comparé aux "douze dernières années", d'après l'accord.

 

10.000 formations-reconversions

La CFE-CGC a souligné que cet accord ne prévoyait ni départs contraints, ni fermetures d'établissements. En outre, un "plan de formation-reconversion" pour des "métiers d'avenir" sera proposé à "10.000 personnes du groupe sur trois ans", a-t-elle noté.

La CFDT a salué un accord dont l'"ambition" est "d'assurer l'avenir des salariés Renault en France, en préservant la filière automobile, ainsi que le redressement économique du groupe Renault" à "moyen et long terme".

Relevant les "2.500 embauches en CDI" prévues, dont "2.000 dans les usines", FO a signé cet accord "pour garantir et pérenniser l'avenir" des "activités et emplois en France".

Sur les quelque 1.700 départs volontaires prévus, près de 1.300 vont concerner l'ingénierie et plus de 400 toucheront les fonctions support. En septembre, au démarrage des négociations de l'accord, la direction avait dit vouloir supprimer 2.000 postes dans ces deux secteurs.

"La cible finale" de postes à supprimer dans ces métiers "n'a pas bougé", mais au cours des négociations, Renault a finalement réussi à atteindre l'objectif de 2.500 départs volontaires fixé pour l'ingénierie et les fonctions support dans son plan de réduction d'effectifs lancé en 2020, a expliqué le directeur des ressources humaines France du groupe, Maximilien Fleury, lors d'une visioconférence de presse.

Concernant les conditions de travail, le groupe va "harmoniser l'organisation du temps de travail" entre ses différents sites pour "renforcer" sa "performance", a-t-il indiqué dans un communiqué. Le temps de travail annuel est augmenté de quatre heures et "repositionné à 1.607 heures, le nombre annuel maximal légal" pour 35 heures de travail par semaine, a détaillé M. Fleury. La CGT a protesté notamment contre la baisse de la majoration de certaines heures supplémentaires.

L'accord prévoit aussi de "diviser par deux" les surfaces de bureaux en Île-de-France, compte tenu de la diminution des effectifs et du "développement de nouveaux modes de travail", dont le télétravail, a relevé M. Fleury.

er/cel/LyS

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