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Reconfinement: le secteur automobile serre les dents

Constructeurs, Equipementiers, Pétroliers, Réparateurs

Le deuxième reconfinement, plus léger que le premier, porte néanmoins un nouveau coup à l'automobile française et ses 500.000 salariés alors que le secteur commençait à se redresser.

"Ce reconfinement va avoir des conséquences importantes", a souligné à l'AFP Marc Mortueux, directeur de la Plateforme automobile, qui représente les entreprises du secteur. "On va faire en sorte que ça ne se traduise pas en un arrêt complet des activités".

 

Les constructeurs optimistes

L'industrie automobile doit faire le grand écart entre des usines qui tournent et des ventes qui risquent d'être fortement ralenties.

Après un troisième trimestre meilleur que prévu, Renault comme PSA (Peugeot-Citroën-Opel) étaient pourtant plutôt optimistes pour la fin de l'année lors de l'annonce de leurs résultats ces derniers jours.

S'ils ont enregistré une légère baisse de leurs ventes, les constructeurs ont rempli leurs carnets de commandes et fait largement baisser leurs stocks, dans les usines comme dans les réseaux de concessionnaires. Une précaution essentielle pour ne pas connaître la situation de la crise de 2008, qui avait fortement affaibli les deux groupes français. Car une fois produit, un véhicule est très cher à stocker et bloque du capital.

Les constructeurs doivent maintenant observer attentivement la réaction des acheteurs pendant cette première semaine de reconfinement pour calibrer le rythme de production dans les usines, à flux très tendu dans l'automobile.

 

Click & collect

Après un premier confinement catastrophique, les constructeurs comptent notamment sur l'ouverture des concessions en "click and collect" pour écouler des véhicules: l'acheteur commande sur internet et ne s'éternise pas dans l'espace d'exposition.

Chez PSA, le travail à distance est "généralisé pour les fonctions dont l'activité le permet", indique le groupe. Les points de vente sont ouverts pour la livraison et pour l'entretien des véhicules, avec un "protocole sanitaire de référence" et l'activité industrielle sera "adaptée en fonction de l'activité commerciale".

D'autre part, ce parcours dématérialisé est considéré comme une solution d'avenir par de nombreux constructeurs et pourrait connaître un coup d'accélérateur avec ce reconfinement.

 

Garagistes au ralenti

Les garagistes peuvent rester ouverts, ainsi que les magasins de pièces détachées et les agences de location. Mais ils pourraient souffrir de nouveau du ralentissement des déplacements.

Dans les garages, la reprise constatée cet été était déjà en train de retomber, notamment dans les carrosseries. L'activité était ralentie de 11% sur les neuf premiers mois de l'année par rapport à la même période en 2019, selon un baromètre du Conseil des professions de l'automobile (CNPA).

 

Pompistes à sec

Les stations-service indépendantes restent ouvertes. Mais la vente d'alcool leur est désormais interdite, et le lavage non explicitement autorisé. Ces deux services leur permettaient pourtant d'assurer jusqu'à 80% de leur marge hors carburant, selon le CNPA.

"L'interdiction de vente d'alcool par les stations-service, alors qu'elle est permise par la grande distribution, est incompréhensible et vient distordre la concurrence", a protesté vendredi le CNPA. Le Conseil appelle les pouvoirs publics "à la plus grande vigilance pour ne pas mettre davantage à mal ces petits commerces déjà durement impactés depuis de nombreux mois par la première vague de Covid, les grèves et le mouvement des +gilets jaunes+".

 

Les équipementiers exportent

Les équipementiers comme Valeo, Faurecia et Plastic Omnium ont constaté de leur côté une reprise de la production automobile mondiale et restent optimistes pour la fin de l'année.

"Ma grande inquiétude, s'il doit y en avoir une, est d'abord pour la santé de nos collaborateurs. C'est la première priorité, la seconde étant la continuité du business", a indiqué aux Échos Jacques Aschenbroich, le PDG de Valeo.

"Mais la bonne nouvelle, c'est que nos usines tournent!", a-t-il souligné. "Nous exportons 85% de notre production française, et dans la plupart des pays, les réseaux commerciaux de nos clients continuent à fonctionner. La situation est très différente de celle d'avril-mai".

tsz/tq/LyS

© 2020AFP