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Que peut faire FCA après la rupture avec Renault ?

Constructeurs

Le groupe Fiat Chrysler Automobiles (FCA) entend aller de l'avant après la rupture des négociations avec le Français Renault, mais les pistes semblent relativement limitées.

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Les motivations de la rupture, alors que la France affirme avoir simplement demandé un délai de cinq jours, restent mystérieuses.

L'offre de départ était déjà basse, avec une prime de 10% au-dessus du prix de l'action, alors que l'usage est plutôt de l'ordre de 30 à 50%, relève Gilles Chemla, directeur de recherches au CNRS. Ce spécialiste en gouvernance d'entreprise s'interroge aussi sur les motivations du directeur général de FCA, Mike Manley, de vendre des actions de son groupe pour près de 3,5 millions de dollars, peu après avoir proposé la fusion. "S'il s'attendait à ce que l'offre aboutisse, il n'aurait pas agi ainsi", relève-t-il.

FCA est coutumier de coups financiers, comme après l'échec de sa tentative de joint venture avec General Motors, qui lui a rapporté quelque 2 milliards de dollars grâce à des clauses financières "très habiles", explique-t-il.

FCA a évoqué de nouvelles "exigences" de Bercy pour justifier son retrait, un argument que, là encore, Paris nie en bloc.

"Les Français aiment beaucoup commander", avance sur ce point Giuliano Noci, spécialiste de stratégie d'entreprises auprès de l'école polytechnique de Milan.

Et de rappeler les frictions entre Luxottica et Essilor ou les difficultés entre Paris et Rome lors du rachat du chantier naval STX par l'italien Fincantieri.

L'offre de FCA était pourtant "mûrement réfléchie", assure-t-on de source proche du groupe italo-américain, et le retrait de l'offre de fusion n'a rien d'une "tactique" pour mieux renégocier, ajoute cette source, interrogée par l'AFP.

 

Quel partenaire pour FCA?

En attendant, FCA "a la force d'aller de l'avant de son côté", assure cette source proche du constructeur. Et "nous avons toujours dit vouloir un rapprochement avec un partenaire éventuel et nous continuerons", ajoute-t-on de même source.

FCA a besoin d'un partenaire qui couvre l'Asie où il est très peu présent et qui consolide ses positions en Europe où le groupe, bien implanté aux Etats-Unis, est moins fort, explique de son côté M. Noci.

Un partenaire potentiel pourrait donc être le groupe chinois Geely, qui a repris Volvo, mais cette hypothèse rencontrerait probablement l'opposition du président américain, Donald Trump, peu disposé envers la Chine, estime quant à lui M. Chemla. Volkswagen en Europe pourrait représenter une alternative, mais un tel rapprochement offre au final peu de synergies, ajoute-t-il.

Reste l'hypothèse d'une reprise des négociations entre Renault et FCA, sous une forme "plus discrète", selon cet expert.

Renault, qui s'est dit déçu après cet échec, n'a d'ailleurs pas fermé la porte à un futur rapprochement.

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© 2019AFP