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PSA va démarrer l'autopartage aux USA en 2018

Constructeurs

Sur la longue route de son retour annoncé aux Etats-Unis, le groupe automobile français PSA espère franchir une nouvelle étape en 2018 en lançant un service d'autopartage dans une ou deux villes américaines.

Dans un entretien à l'AFP, Larry Dominique, le patron pour l'Amérique du nord du deuxième constructeur automobile européen, se veut optimiste.

"En 2018, nous espérons lancer en plus un ou deux services de mobilité physique. Nous sommes encore en train de négocier avec des villes", détaille le responsable.

En octobre 2017, "nous avons lancé notre premier service de mobilité aux Etats-Unis, à Seattle, avec notre application Free2Move", un agrégateur permettant d'accéder à différents services d'autopartage, a rappelé celui qui pilote le retour du groupe français sur le deuxième marché mondial, joint au téléphone avant le salon automobile de Detroit, qui ouvre ses portes la semaine prochaine.

Le retour de PSA (qui détient les marques Peugeot, Citroën, DS, Opel/Vauxhall) avait été annoncé en avril 2016 par le président du directoire, Carlos Tavares. Il avait dévoilé un projet sur dix ans, en trois étapes: développer d'abord des services de mobilité, puis fournir des voitures du groupe à ces opérateurs de mobilité et, en cas de succès, démarrer la vente des voitures au grand public.

La tâche s'avère très complexe pour le constructeur français, solide numéro deux en Europe derrière Volkswagen, avec près de 16% de parts de marché, mais absent des Etats-Unis depuis la livraison des dernières voitures Peugeot américaines en 1991.

 

Image positive de la France

Ce pays compte déjà "18 constructeurs automobiles, 42 marques et plus de 330 modèles", explique M. Dominique. Avec un taux d'équipement de 800 voitures pour 1.000 habitants, le marché américain laisse peu de place à de nouveaux entrants.

Les prochaines générations de véhicules PSA seront conçues pour répondre aussi aux normes américaines, ce qui n'est pas le cas des modèles actuels. "Il faudra donc au minimum plusieurs années avant que la vente de véhicules du groupe puisse être envisagée", poursuit le dirigeant de 56 ans, qui a travaillé plus de 30 ans dans l'industrie automobile américaine, chez General Motors, Chrysler puis Nissan.

Selon lui, l'échec de PSA dans le passé ne se traduit par aucun déficit d'image. "Nous avons conduit des enquêtes sur les marques. La bonne nouvelle est que l'association avec la France est perçue très positivement. De nombreux consommateurs américains font instinctivement le lien avec l'industrie du luxe", assure-t-il.

Cependant, au sujet de la qualité des voitures françaises, absentes du marché, les Américains "n'ont pas d'opinion". "Ce n'est ni négatif, ni positif, c'est neutre".

Pour Larry Dominique, les ruptures technologiques, comme la voiture connectée ou électrique ou encore l'essor rapide de l'autopartage grâce à internet et au numérique, constituent aujourd'hui une opportunité pour un groupe partant de zéro.

 

'Construire un business solide'

"Il y a environ 5 millions de personnes qui utilisent des services de mobilité aux Etats-Unis et on s'attend à ce qu'ils soient 30 millions d'ici cinq à dix ans". Sur ce créneau, "notre objectif n'est pas seulement d'être rentable mais d'atteindre un haut niveau de satisfaction client".

Faute de disposer de structures aux Etats-Unis, "nous devons penser notre arrivée sur le marché de façon nouvelle. C'est pourquoi nous sommes très prudents. Nous voulons apprendre".

"Il n'y a aucune urgence, aucune date limite pour commencer à vendre des voitures. Il ne s'agit pas d'augmenter rapidement une part de marché. Il s'agit de construire un business solide", assure encore M. Dominique.

De nombreux constructeurs se lancent dans l'autopartage, un marché qui "évolue très rapidement". Il cite notamment Mercedes avec Car2Go ou BMW avec ReachNow. Mais en matière d'agrégateur de services Free2Move "est un des pionniers, nous innovons", affirme-t-il.

Ne disposant pas de ses propres véhicules, PSA veut privilégier ceux qui répondront le mieux à la demande des consommateurs. "Il s'agira d'abord de satisfaire les clients plutôt que de simplement imposer nos voitures".

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© 2018AFP