PSA Poissy: licenciement transformé en simple mise à pied

L'employé du site automobile PSA de Poissy (Yvelines) menacé de licenciement car une paire de gants de travail avait été retrouvée dans son sac à sa sortie de l'usine a finalement écopé d'une mise à pied de deux jours, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

"C'est une victoire de la mobilisation et de la solidarité contre l'arbitraire", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT, témoignant d'un "grand soulagement dans l'usine". "La direction a pris une claque et tant mieux, elle ne l'a pas volée", a-t-il poursuivi.

L'ouvrier de 33 ans avait été convoqué le 9 juin pour un entretien préalable à licenciement par la direction qui lui reprochait le "vol" de cette paire de gants au mois de mai et donc le "non-respect du règlement intérieur".

La direction de PSA, interrogée par l'AFP, a rappelé qu'un entretien préalable à licenciement est une "procédure normale en cas de sortie non autorisée de matériel de l'usine" et "n'implique pas forcément un licenciement".

Elle maintient que les gants retrouvés dans le sac de ce père de famille par un gardien lors d'un contrôle inopiné ne sont "absolument pas ses gants de travail" mais "des gants de conducteur de machine neufs". "On ne peut donc pas parler d'oubli", a-t-elle ajouté.

D'après M. Mercier, il s'agit au contraire de "gants de palucheur usagés" dont l'homme se servait à son poste pour "lisser les tôles sorties de la presse" et qu'il avait "oubliés" dans son sac.

Le délégué central CGT est également revenu sur le cas de deux salariées licenciées début juin pour une altercation "verbale" - la direction assurant qu'elles "en sont venues aux mains". "Elles ont pris le même avocat pour les défendre aux prud'hommes", a-t-il précisé.

Poissy figure parmi les sites fragilisés de PSA avec une production qui doit baisser de 255.000 véhicules en 2014 à 140.000 en 2017. L'usine recourt régulièrement au chômage partiel et est passée fin 2014 de deux à une ligne de montage.

© 2015AFP