Le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, et le président de Dongfeng, Xu Ping, ont officialisé ces annonces lors d'une cérémonie de signature, à la veille de l'ouverture à la presse du salon international de l'automobile dans la grande métropole de l'est de la Chine.
Les futures voitures de segment B de PSA et Dongfeng (type Peugeot 208 et Citroën C3), ainsi que des véhicules d'accès à la catégorie supérieure C sur certains marchés (Peugeot 301, Citroën C-Elysée) seront développées à partir d'une "plateforme mondiale" et les produits seront diffusés sous les marques Peugeot, Citroën, DS et Dongfeng, ont précisé les sociétés dans un communiqué commun.
Cette nouvelle plateforme représente un investissement de 200 millions d'euros, dont 60% seront apportés par PSA et 40% par Dongfeng, selon la même source. Cette base technique devrait assurer un gain de poids de quelque 40 kg par rapport aux actuelles, et être 20% moins chère à produire, selon l'entreprise française.
Selon M. Tavares, une dizaine de véhicules différents, voitures à hayon, berlines et "crossovers", devraient être développées à partir de cette plateforme, dans des catégories qui représentent entre un et 1,5 million d'unités annuelles rien que pour PSA.
Parallèlement, MM. Tavares et Xu ont annoncé la création d'un centre commun de recherche et développement "consacré au développement de produits et de technologies pour les marchés asiatiques en forte croissance".
Ce centre, situé à Shanghai, aura notamment vocation à travailler sur une motorisation électrique que PSA et Dongfeng veulent développer ensemble pour un aboutissement au début de la prochaine décennie, selon leur nouvel accord rendu public dimanche.
M. Tavares, face à des journalistes, a évoqué "des signaux qui laissent à penser que l'électrique peut avoir une importance grandissante dans ce marché" chinois, avec des normes de plus en plus sévères édictées par le gouvernement de Pékin pour notamment lutter contre le fléau de la pollution atmosphérique.
"Dans ce contexte il est bon que l'on ait une technologie (électrique) qui soit multi-usages", a ajouté M. Tavares, qui avait déjà annoncé en février que PSA allait développer un modèle à propulsion 100% électrique à l'horizon 2020.
Pour lui, une collaboration avec Dongfeng apportera à PSA "l'interface nécessaire pour aller travailler avec les fournisseurs chinois (...) qui vous donnent accès à une compétitivité des coûts au meilleur niveau" en matière de composants électriques.
Ces révélations interviennent un an après l'entrée de Dongfeng dans le capital du constructeur français à hauteur de 14%, tout comme l'Etat français, ce qui a permis à PSA d'éviter la faillite.
Sous la houlette de M. Tavares, PSA a ensuite lancé un plan de redressement qui a porté ses premiers fruits avec des résultats financiers 2014 en nette amélioration, notamment une division par quatre de la perte nette et un abaissement spectaculaire du "point mort", le seuil de production à partir duquel la production de véhicules devient rentable.
En volume, la Chine a été en 2014 le premier marché de PSA devant la France, via sa co-entreprise DPCA avec Dongfeng, avec 704.000 véhicules écoulés. L'objectif est d'en vendre 800.000 en 2015 et 1,5 million à l'horizon 2020.
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