"Nous ne devons pas nous laisser abuser par les beaux chiffres", a déclaré, lors d'une conférence de presse à Berlin, Anton Börner, président de la BGA, soulignant "les énormes défis" à venir pour l'export allemand.
Pour l'heure, la situation est toutefois clairement au beau fixe, comme le montre un nouveau relèvement des prévisions de la fédération pour 2015. Il est désormais anticipé que les exportations progressent de jusqu'à 6%, à 1.191 milliards d'euros. En mars, la BGA tablait plutôt sur une hausse de 4,5%.
Les importations, elles, sont attendues en progression de 4% à 947 milliards d'euros.
Sur le premier semestre 2015, avec 595 milliards d'euros d'exportations (+6,9%), la demande pour les produits allemands a été soutenue du côté de ses voisins européens comme l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la France, et aussi des Etats-Unis.
"Selon toutes les prévisions, nous nous dirigeons cette année, mais aussi l'année prochaine, vers de nouveaux records", a affirmé M. Börner.
Pour 2016, il table sur une hausse allant jusqu'à 4,5% des exportations.
Selon la BGA, cet essor des exportations est essentiellement dû au pétrole bon marché et à l'euro faible, mais aussi aux taux d'intérêts quasi-nuls menée par la Banque centrale européenne (BCE), mais qui pourraient avoir "à long terme des conséquences négatives".
Anton Börner a reconnu se faire "beaucoup de souci" en ce qui concerne la Chine, dont l'économie ralentit. "Si la Chine exporte ses propres problèmes, cela ne sera pas sans trace pour les exportations allemandes, étant donné que la dépendance à l'économie mondiale est plus élevée que jamais", a-t-il affirmé.
L'Union européenne, qui absorbe plus de la moitié des exportations de l'Allemagne, est également source d'inquiétude pour le président de la BGA, à la fois car il juge que la crise de la dette n'est "toujours pas résolue" et que l'actuel afflux massif de réfugiés "agit comme quelque chose d'incendiaire" sur les frictions entre les pays.
Quant à la Russie, la situation y est jugée "désastreuse". "Il faudra des années voire des décennies pour que la confiance envers la Russie revienne", a jugé M. Börner.
En revanche, il n'anticipe aucune répercussion de la vaste tricherie aux normes anti-pollution de Volkswagen sur la réputation des fabrications allemandes. "L'économie allemande ne repose heureusement pas seulement sur une seule grosse entreprise (...). Le Made in Germany est la somme de nombreux produits et services ", a-t-il affirmé.
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