Les changements annoncés prévoient notamment que les responsables des différents marchés géographiques du groupe "rendront compte directement" au directeur général Makoto Uchida.
Ces nouveautés visent à mettre en place "une structure de direction plus plate et plus agile qui renforcera les pouvoirs des responsables régionaux et fonctionnels", a déclaré le dirigeant, cité dans un communiqué du groupe.
Mais alors que les relations s'étaient tendues entre M. Uchida et le directeur opérationnel Ashwani Gupta, qui lui faisait de l'ombre et se comportait parfois comme le véritable numéro un, ces changements peuvent aussi viser à "donner plus de pouvoir à M. Uchida", dit à l'AFP Tatsuo Yoshida, analyste automobile chez Bloomberg Intelligence.
Mardi, à l'issue de son assemblée générale ordinaire, Nissan a annoncé la reconduction de la plupart de ses dirigeants, sans toutefois nommer de successeur à M. Gupta, dont les fonctions ont pris fin mardi.
Avec son départ, "c'est une page qui se tourne" pour Nissan, estime une source proche du dossier interrogée par l'AFP.
M. Uchida "a repris en direct tout un rateau" d'organigramme qui dépendait auparavant de M. Gupta. Mais "cette situation ne pourra pas durer éternellement, c'est une organisation transitoire", pense cette source.
Dans l'immédiat, elle pourrait cependant "améliorer l'efficacité et la prise de décision" au sein du groupe, car "trop de cuisiniers gâtent le potage", glisse M. Yoshida.
"En réduisant les tensions et en améliorant la communication entre les cadres", la structure révisée peut aussi "faciliter les négociations avec Renault ou toute autre partie intéressée", ajoute-t-il.
Selon une source au sein de l'alliance interrogée plus tôt ce mois-ci par l'AFP, la querelle entre les deux hommes était ainsi devenue préjudiciable tant pour les performances de Nissan que pour les rapports du groupe avec son partenaire français.
Renault et Nissan ont annoncé en février un accord prévoyant un engagement financier et technologique du constructeur japonais dans le futur pôle électrique du groupe français, Ampere, en échange d'un rééquilibrage à parts égales des participations croisées entre les deux constructeurs.
Nissan n'avait pas précisé les raisons du départ de M. Gupta, se contentant d'indiquer dans un communiqué qu'il allait "poursuivre d'autres opportunités".
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