Marché VN Europe: +6,2% en janvier!

Le marché automobile européen a démarré l'année 2016 avec vigueur grâce à l'Italie et à l'Espagne, progressant de 6,2% en janvier par rapport au même mois de 2015, selon les chiffres officiels publiés mardi.

Voir ci-dessous le communiqué de l'ACEA (en anglais)

Dans ce marché qui a absorbé 1,06 million de voitures particulières neuves, Volkswagen, en proie au scandale des moteurs truqués, n'a crû que de 0,8%. Côté constructeurs français, PSA Peugeot Citroën (+3,9%) a mieux tiré son épingle du jeu que le groupe Renault (+0,7%), a précisé l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA).

Le rythme de croissance du marché européen le mois dernier a été inférieur à la progression enregistrée pendant l'année 2015, soit 9,3% pour atteindre 13,7 millions d'unités, mais largement supérieur aux prévisions de l'ACEA pour tout 2016 (+2%).

Jean-François Belorgey, expert du secteur automobile chez EY, fait remarquer que sur 12 mois glissants, le marché s'approche des 13,8 millions d'unités. Pour 2016, "je vois bien une croissance modérée en Europe comme en France", de 3 ou 4%, ce qui permettrait de dépasser les 14 millions, affirme-t-il à l'AFP.

Le record d'immatriculations dans l'UE est de près de 16 millions d'unités en 2007.

L'Italie et l'Espagne, très durement touchées par la crise de 2008-2013, ont continué à regagner le terrain perdu, croissant respectivement de 17,4% et 12,1% en janvier, tandis que les autres grands marchés au sein de l'Union ont progressé plus modérément: +3,9% en France, +3,3% en Allemagne et +2,9% au Royaume-Uni, a souligné l'ACEA dans sa livraison mensuelle de statistiques.

VW conserve le statut de premier groupe européen, accaparant 24,2% des immatriculations le mois dernier. Mais le géant allemand, qui a reconnu en septembre 2015 avoir installé sur quelque 11 millions de véhicules des logiciels frauduleusement modifiés pour passer les normes d'homologation aux Etats-Unis, a perdu des parts de marché par rapport à janvier 2015 (-1,3 point).

 

Interprétation difficile

Sa marque vedette Volkswagen, qui représente la moitié de ses immatriculations, est dans le rouge sur le mois (-3,8%), mais les voitures de luxe Audi restent en forme (+13,7%), un phénomène attribué par M. Belorgey à la force de cette marque, alors que "le problème est exactement le même" puisque des moteurs sont communs aux deux marques.

Le dauphin de VW en termes de ventes, PSA, détient 10,6% de parts de marché. Toutes ses marques progressent, que ce soit Citroën (+4,9%), Peugeot (+3,3%) ou DS (+4,5%). Renault complète le podium avec 9,1% du marché européen. La marque au losange (+1,1%) fait mieux que le "low-cost" Dacia (-0,1%).

Forte croissance des immatriculations en revanche pour Ford (+11,4%) qui passe à 7,1% de parts de marché et surclasse pour quelques milliers d'unités Fiat-Chrysler (FCA). Le groupe américano-italien bondit de 14,4% grâce à Fiat (+13,7%) et encore plus Jeep, à la gamme élargie vers le bas (+34,1%).

Le groupe Opel (General Motors), en difficulté en 2015, démarre lui aussi l'année du bon pied (+12,2%) et talonne FCA de seulement 12 unités.

M. Belorgey met cependant en garde contre la signification de ces évolutions. "Il faut interpréter les résultats du mois de janvier avec la même prudence que ceux de décembre, compte tenu de la gestion des objectifs commerciaux par les concessionnaires au tournant de l'année", souligne-t-il.

Après Opel, viennent deux spécialistes allemands du luxe, BMW et Daimler. Le groupe bavarois (BMW et Mini) l'emporte en volume (60.500 unités), mais avec +4% croît moins que son rival de Stuttgart. Ce dernier (Mercedes-Benz et Smart) a mis en janvier 56.300 voitures neuves sur les routes européennes, une hausse de 8,5%.

Deux autres concurrents frontaux, japonais ceux-ci, suivent au palmarès. Toyota a immatriculé 50.000 unités (+2,8%), tandis que l'allié de Renault, Nissan (40.900 voitures) a perdu du terrain (-4,2%).

Forte progression en revanche pour les frères sud-coréens Hyundai (+8,9%) et Kia (+13,2%), qui à eux deux détiennent 6% du marché européen.

Et en bas de tableau, le groupe spécialisé dans le luxe Jaguar-Land Rover, propriété de l'Indien Tata, s'est offert une croissance de 53,8%.

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