MACRON: "Ne pas déstabiliser l'alliance" Renault-Nissan

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a mis en garde mardi contre une déstabilisation de l'alliance entre Renault et Nissan, après des informations de presse faisant état d'une volonté du constructeur automobile japonais de contrer l'influence renforcée de l'Etat au sein du groupe au Losange.

"Il ne faut pas déstabiliser l'alliance par des changements, des rééquilibrages, des modifications de gouvernance qui d'ailleurs pourraient créer des conflits d'intérêt", a déclaré M. Macron en marge d'une visite d'un établissement de formation à Paris.

"Je suis très sensible au respect de l'alliance sous toutes ses formes, à l'absence de tout conflit d'intérêt dans la gestion de cette alliance", a insisté le ministre, après une série d'informations faisant état d'une possible modification des participations croisées de Renault et Nissan, qui serait souhaitée par la partie japonaise.

L'entreprise nippone, alliée de Renault depuis 1999 et comme elle dirigée par Carlos Ghosn, contrôle 15% du capital de Renault, tandis que la firme française détient 43,4% de son partenaire.

Cependant, au titre de règles sur "l'autocontrôle", les parts de Nissan ne lui confèrent pas de droit de vote à l'assemblée générale des actionnaires.

L'Etat français détenait lui aussi 15% du capital de Renault jusqu'à ce que le gouvernement décide de porter sa part à 19,7% avant l'assemblée générale du groupe, le 30 avril.

Grâce à cette montée au capital, l'Etat a réussi à imposer l'application de la loi "Florange", un dispositif visant les spéculateurs et qui garantit des droits de vote doubles aux actionnaires depuis plus de deux ans.

"Le gouvernement français a acheté de manière temporaire des actions qu'il entend revendre pour retrouver son niveau de 15%", a répété mardi M. Macron. Mais même à 15%, il aura plus d'influence qu'avant avril grâce aux votes doubles.

Le journal économique japonais Nikkei et l'agence Bloomberg avaient évoqué début octobre la possibilité de voir Renault passer sous la barre des 40% de Nissan, afin de débloquer les droits de vote du Japonais chez Renault.

Du côté du groupe français, on s'est refusé à tout commentaire mardi.

L'action Renault a perdu près de 5% depuis début avril, dans le sillage du scandale Volkswagen qui a tiré à la baisse les valeurs automobiles.

L'Agence des participations de l'Etat (APE) a réaffirmé début octobre qu'elle avait toujours "l'intention de revenir à terme au niveau de participation antérieur à son acquisition de 4,73% du capital de Renault".

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