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L'interdiction des moteurs thermiques en 2035 n'a pas surpris Tavares

Constructeurs

L'approbation mercredi par les 27 États membres de l'Union européenne du projet d'interdiction de la vente de voitures à moteurs thermiques à partir de 2035 "ne nous surprend pas", a déclaré le PDG de Stellantis, Carlos Tavares, lors d'une visite sur le site du constructeur automobile à Metz.

"Nous ne sommes ni surpris, ni choqués par la décision" prise par les 27 membres de l'UE. "Nous sommes organisés pour y faire face. Ils décident, nous exécutons", a-t-il ajouté.

"Le choix de l'électrification" du parc automobile "est un choix politique et non pas industriel , nous nous conformons à la décision", a poursuivi M. Tavares.

L'usine Stellantis de Trémery, en Moselle, temple mondial du diesel, a déjà entamé sa reconversion dans l'électrique : 1.400 moteurs électriques sortent actuellement chaque jour des deux premières lignes de production dédiées à cette technologie.

Environ 3.850 moteurs diesel et 1.250 moteurs essence sont aussi fabriqués quotidiennement sur le site.

Stellantis prévoit que 50% des moteurs qui sortiront de Trémery en 2024 seront électriques, et a annoncé vouloir produire 100% de véhicules électriques en 2030.

FO, premier syndicat du constructeur, s'est inquiété mercredi d'une décision source d'une "casse sociale d'une ampleur inédite" pour le secteur, déjà éprouvé par la pandémie de Covid-19 et la pénurie de semi-conducteurs.

Dans un communiqué, l'organisation syndicale appelle le gouvernement à convoquer un "+sommet de l'auto+ pour poser les bases d'une transition industrielle et sociale historique", et garantir la pérennité des usines.

"La fin des moteurs thermiques, et celle des hybrides, pourrait supprimer à terme des centaines de milliers d'emplois (...) alors que l'électrification de la production va en créer à peine 70.000. Le calcul est aussi simple qu'effrayant", souligne FO.

L'interdiction de la vente des moteurs thermiques approuvée par les 27, proposée par l'exécutif européen en juillet 2021 et qui signerait l'arrêt de facto des ventes de ces moteurs au profit de véhicules 100% électriques, reste à discuter avec les eurodéputés. Elle doit contribuer à atteindre les objectifs climatiques du continent, en particulier la neutralité carbone à l'horizon 2050.

L'automobile, premier mode de déplacement des Européens, représente un peu moins de 15% des émissions de CO2 totales de l'UE, un des premiers gaz responsables du réchauffement climatique.

Pour répondre aux constructeurs inquiets d'une demande insuffisante des consommateurs pour le 100% électrique, la Commission a aussi préconisé de fortement développer les bornes de recharge.

Une recommandation appuyée par Carlos Tavares, selon qui "l'infrastructure est en retard par rapport au nombre de voitures que nous vendons". "Un consommateur n'achètera pas un véhicule électrique tant qu'il n'est pas convaincu qu'il peut le charger facilement", a-t-il souligné.

"Nous sommes en train d'augmenter l'autonomie de nos véhicules, la technologie progresse vite : pour autant, il faut pouvoir charger les voitures", a-t-il ajouté.

© 2022AFP