L'Association des constructeurs et des vendeurs d'automobiles (SMMT) a publié les résultats d'une enquête réalisée par un cabinet indépendant auprès de 204 de ses 475 membres, comprenant des fournisseurs de taille modeste aussi bien que des géants mondiaux de l'automobile comme le japonais Toyota ou l'allemand BMW.
Quelque 77% des entreprises sondées ont répondu qu'un maintien du Royaume-Uni dans l'UE serait le meilleur résultat possible pour leur activité. Environ 9% ont jugé qu'une sortie de l'UE ("Brexit") serait plus souhaitable et 14% ont dit ne pas savoir.
Interrogés sur les aspects perçus comme positifs de l'appartenance à l'UE, 66% des entreprises sondées ont cité "l'accès aux marchés européens de l'automobile", 55% "l'accès à une main d'oeuvre qualifiée" et 52% "la possibilité d'influer sur les normes et régulations du secteur".
"Le message de l'industrie britannique de l'automobile est clair - être dans l'Europe est vital pour l'avenir de cette industrie et garantir les emplois, l'investissement et la croissance", a conclu Mike Hawes, directeur général de la SMMT dans un communiqué.
L'industrie automobile emploie directement et indirectement quelque 800.000 personnes au Royaume-Uni, où elle réalise un chiffre d'affaires annuel global de près de 70 milliards de livres (90 milliards d'euros). Elle compte pour près de 12% des exportations britanniques, selon des données compilées par la fédération.
D'après Ian Robertson, membre du directoire de BMW cité dans le communiqué, "l'expérience montre que la libre circulation des composants, des produits finis et des travailleurs qualifiés au sein de l'UE est extrêmement profitable aux entreprises basées au Royaume-Uni".
Au-delà de sa propre marque, BMW est présent au Royaume-Uni via deux constructeurs locaux qu'il possède, les marques de petites voitures haut de gamme Mini et de luxe Rolls-Royce.
Le quotidien The Guardian a d'ailleurs affirmé jeudi que les chefs des différentes filiales de BMW dans le pays, dont ceux de ces deux marques britanniques, avaient écrit à l'ensemble de leurs salariés pour les mettre en garde contre les effets d'un Brexit, soulignant notamment que "la main d'oeuvre" de ces entreprises pourrait être affectée.
Le référendum sur la question est prévu le 23 juin. Après avoir obtenu des concessions de ses partenaires européens sur les conditions accordées à son pays, le Premier ministre conservateur David Cameron mène une vigoureuse campagne pour le maintien, mais il est confronté à une rébellion de responsables de son propre camp partisans du départ.
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