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Les constructeurs allemands ralentissent la zone euro selon la BCE

Constructeurs

Les difficultés des constructeurs allemands face aux nouvelles normes antipollution WLTP pèsent sur l'économie en zone euro au troisième trimestre, mais de façon transitoire, a estimé jeudi le président de la Banque centrale européenne.

Analysant la "dynamique plus faible" de la conjoncture, Mario Draghi a évoqué des "facteurs spécifiques à certains pays" et notamment le "secteur automobile allemand", qui a "un effet très fort ce trimestre, mais pas au prochain trimestre".

Début octobre, le gouvernement allemand a nettement abaissé ses prévisions de croissance pour cette année, citant "l'environnement international" mais aussi les normes WLTP qui freinent le secteur automobile.

Leur entrée en vigueur à l'automne a désorganisé les chaînes de plusieurs constructeurs, dont le géant Volkswagen, pesant "sur la production et les exportations" du pays, a estimé le gouvernement.

Les ralentissements dans la production "se reflètent dans la croissance du PIB en raison de l'importance structurelle de cette branche de l'industrie", ont également noté les principaux instituts économiques allemands dans leur rapport biannuel de fin septembre.

Volkswagen a dû stocker des milliers de voitures en attente d'homologation aux normes WLTP, tandis que chez Daimler "une disponibilité limitée des voitures en raison de retards dans la certification" a pesé sur le résultat du troisième trimestre.

"WLTP aura un impact important sur les résultats des constructeurs allemands aux troisième et quatrième trimestres", notamment chez Volkswagen, estime de son côté auprès de l'AFP Ferdinand Dudenhöffer, expert du Center Automotive Research (CAR) de Duisbourg.

La branche automobile, fleuron de l'industrie allemande, représente quelque 800.000 emplois dans le pays, tant directement chez les constructeurs que chez les multiples fournisseurs.

Cependant, si M. Draghi a relevé des indicateurs récents moins solides qu'attendu, il y voit un ralentissement temporaire et non pas "un tournant", qui serait annonciateur d'une nette dégradation économique.

De manière générale, "les indicateurs restent supérieurs, et certains même largement supérieurs, aux moyennes historiques", a insisté le banquier central.

ys/cfe/tht

© 2018AFP