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Les constructeurs allemands limitent la casse grâce à la Chine au T2

Constructeurs

Grâce à leur présence en Chine, les constructeurs automobiles allemands ont moins souffert au deuxième trimestre de la crise du coronavirus, qui a fait chuter de 41% les ventes automobiles des plus grands groupes mondiaux, selon une étude du cabinet EY publiée mercredi.

Parmi les 17 plus grands groupes auto du monde, Volkswagen, BMW et Daimler ont vu leur chiffre d'affaires reculer de 32% contre 50%, 49% et 45% pour la concurrence américaine, française et japonaise respectivement.

La propagation du Covid-19 a entraîné au printemps en Europe la fermeture des points de vente et des interruptions de production dans les usines. Le marché chinois, qui a rouvert plus tôt après le confinement en début d'année, est ainsi "devenu le pilier le plus important pour la branche automobile", note le cabinet de conseil.

Les constructeurs allemands ont alors réalisé la moitié de leurs ventes en Chine, où le marché a progressé de 2% sur un an d'avril à juin. Les constructeurs français, qui "n'y sont que très peu présents", n'ont en conséquence pas pu compenser l'effondrement du marché européen.

Côté résultat opérationnel, les 17 groupes affichent ensemble une perte de 10,8 milliards d'euros. Seuls six ont fini le trimestre dans le vert et seul Tesla a vu son bénéfice progresser.

"Il n'y a jamais eu un tel effondrement du chiffre d'affaires, du bénéfice et du nombre de véhicules vendus", qui a, lui, reculé de 39%, commente Constantin Gall, expert du secteur chez EY.

Les ventes devraient atteindre le niveau d'avant la pandémie au plus tôt en 2022, alors que les investissements massifs dans la mobilité électrique et connectée continuent de peser sur les marges.

"La consolidation s'accélère et tous les constructeurs, et a fortiori tous les équipementiers, ne vont pas survivre à cette crise", note M. Gall. Nombre d'entre eux ont d'ores et déjà annoncé des milliers de suppressions d'emplois et certaines fermetures d'usines pour faire des économies.

"Il n'y a aucune raison de maintenir des capacités qui ne seront pas nécessaires prochainement et pèsent sur les marges", explique Peter Fuß, de EY, cité dans un communiqué.

Le gouvernement allemand et les principaux représentants du secteur dans le pays ont d'ailleurs décidé mardi soir d'étudier les options pour la création d'un fonds privé destiné à soutenir des équipementiers en difficulté en raison de la pandémie et de la transformation vers l'électrique.

L'étude de EY porte, en plus des groupes allemands et français, sur Honda, Mazda, Mitsubishi, Nissan, Suzuki, Toyota, Fiat Chrysler (FCA), Ford, General Motors, Tesla, Hyundai et Kia.

Au deuxième trimestre, Volkswagen a remporté la première place en terme de chiffre d'affaires devant Toyota, qui dépasse son concurrent en nombre de voitures vendues entre avril et juin.

ys/oaa/sl

© 2020AFP