Les valeurs du secteur financier ont été tirées vers le bas par les banques italiennes. Cela suffit à "entraîner l'ensemble de la cote dans un mouvement baissier dans un contexte de fragilité du marché", décrit Daniel Larrouturou, directeur général délégué de Diamant Bleu Gestion.
Les investisseurs s'interrogent toujours sur l'avenir de la politique monétaire américaine, à une semaine d'un discours de la présidente de la banque centrale américaine Janet Yellen à la réunion des banquiers centraux de Jackson Hole le 26 août.
Le marché a eu peu d'informations à se mettre sous la dent durant cette séance estivale, si ce n'est un article de Bloomberg spéculant sur les risques liés au Brexit. "En l'absence d'autres nouvelles, les principaux indices ont souffert après (cette) publication", a relevé Connor Campbell, analyste chez Spreadex.
Wall Street s'est également repliée à l'ouverture, contribuant à la morosité ambiante.
L'Eurostoxx 50 a cédé 0,90%.
La Bourse de Paris s'est repliée de 0,82%, l'indice CAC 40 descendant à 4.400,52 points, dans un volume d'échanges faible de 2,3 milliards d'euros.
Le secteur financier a souffert, à l'image d'Axa (-2,72% à 17,51 euros), BNP Paribas (-1,84% à 42,58 euros), Société Générale (-2,23% à 30,06 euros) et Crédit Agricole (-1,80% à 7,92 euros).
Le secteur automobile a également reculé, dans le sillage d'un abaissement de recommandation sur le constructeur allemand BMW. Peugeot a cédé 1,36% à 13,09 euros et Renault 0,66% à 73,20 euros.
Le secteur pétrolier et parapétrolier a pour sa part terminé en ordre dispersé, Technip s'octroyant 1,99% à 53,74 euros tandis que Total lâchait 1,34% à 43,07 euros.
A Londres, l'indice FTSE-100 a perdu 0,15%, à 6.858,95 points.
Les titres liés aux matières premières se sont repliés sur fond de rebond du dollar et de faiblesse des prix du pétrole : Anglo American (-1,14% à 870,00 pence), BHP Billiton (-2,05% à 1.053,00 pence) et Rio Tinto (-0,77% à 2.446,00 pence).
Les compagnies pétrolières ont également perdu du terrain. Royal Dutch Shell (action "B") a lâché 0,45% à 2.010,00 pence et BP 0,28% à 434,35 pence.
Le secteur du BTP a connu une séance difficile à l'image de Barrat Developments (-0,95% à 450,70 pence) et Persimmon (-1,63% à 1.748,00 pence).
Le fournisseur d'électricité et de gaz Centrica a en revanche progressé (+1,41% à 237,00 pence), grâce à une note positive de Barclays, tout comme la compagnie aérienne EasyJet (+2,50% à 1.105,00 pence), sur des spéculations quant au fait qu'elle pourrait être la cible d'un rachat.
A Francfort, l'indice vedette Dax a terminé à 10.544,36 points, en baisse de 0,55%.
Fresenius Medical Care (-3,68% à 78,85 euros), Deutsche Bank (-3,12% à 11,95 euros) et RWE (-2,88% à 14,51 euros) ont le plus fait les frais de la morosité ambiante.
Volkswagen a pâti (-1,52% à 119,90 euros) de sa dispute avec deux fournisseurs, à l'origine de graves perturbations de la production. L'expert automobile Ferdinand Dudenhöffer s'attend à un manque à gagner de plus de 100 millions d'euros pour le géant de l'automobile.
Le secteur automobile était fragilisé par l'annonce d'Opel, qui va recourir au travail temporaire dans deux de ses usines allemandes alors que la perspective du Brexit le handicape. Daimler a perdu 0,97% à 61,41 euros et BMW 1,93% à 77,32 euros.
A Milan, l'indice FTSE Mib a perdu 2,18% à 16.310 points, tous ses titres terminant la journée dans le rouge.
Les baisses les moins importantes ont été celles du groupe automobile de luxe Ferrari (-0,37% à 42,53 euros) et du groupe de composants électroniques STMicroelectronics (-0,44% à 6,73 euros).
La journée a été pire pour les valeurs bancaires, notamment Unicredit (-6,30% à 1,934 euros), Banca Popolare d'Emilia Romagna (-5,79% à 3,222 euros) ou encore Banca Popolare di Milano (-5,26% à 0,3476 euros).
La Bourse de Lisbonne a reculé de 0,55% à 4.701,14 points, tirée vers le bas notamment par le producteur de liège Amorim (-2,15% à 8,21 euros), la banque BCP (-1,68% à 1,76 centime d'euro), la holding Pharol (-1,68 à 0,18 euro) et le groupe de télécommunications NOS (-1,66% à 5,76 euros).
A l'inverse, le groupe diversifié Sonae s'est envolé de 3,40% à 0,70 euro.
La Bourse de Bruxelles a cédé 0,44% à 3.502,53 points, lestée par l'assureur Ageas (-1,74% à 30,26 euros) et le groupe pharmaceutique UCB (-1,46% à 71,48 euros).
Le groupe diversifié Ackermans & van Haaren a mené la danse des hausses (+1,11% à 113,60 euros), suivi de Umicore (+0,85% à 54,83 euros).
L'indice SMI de la Bourse suisse s'est replié lui aussi, de 0,76% à 8.127,28 francs suisses.
Les financières ont souffert particulièrement : Credit Suisse (-1,38% à 11,40 francs suisses), UBS (-1,53% à 12,88 francs suisses) et Julius Baer (-2,09% à 39,34 francs suisses).
Les cycliques étaient aussi sous pression, à l'image du groupe d'ingénierie helvético-suédois ABB (-1,17% à 21,16 francs suisses) et d'Adecco, numéro un mondial du travail temporaire (-1,34% à 55,05 francs suisses).
A Madrid, l'indice vedette Ibex 35 a perdu 1,16%, à 8.450,60 points.
Parmi les reculs les plus marqués se trouvaient Banco Santander (-2,10% à 3,64 euros) et la banque BBVA (-2,08% à 5,09 euros).
Seuls restaient dans le vert le groupe médical espagnol Grifols (+0,31% à 19,34 euros) et le premier gestionnaire d'aéroports au monde, Aena (+0,35% à 127,30 euros).
A Amsterdam, l'indice AEX a clôturé en baisse de 0,66% à 448,72 points.
Le fournisseur de cuves pour l'industrie chimique et pétrolière Vopak a perdu 7,07% à 44,42 euros, suivi par l'assureur Aegon (-6,91% à 3,41 euros).