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Le salaire de Tavares est "choquant et excessif" pour Macron

Constructeurs

Emmanuel Macron a jugé vendredi "choquant et excessif" le montant "astronomique" du salaire du directeur général du groupe automobile Stellantis, Carlos Tavares, et s'est prononcé pour des "plafonds" de rémunération, au niveau de l'UE.

"Il faut mener le combat en européen pour qu'on ait des rémunérations qui ne peuvent pas être abusives", a ajouté sur Franceinfo le président de la République, candidat à sa réélection le 24 avril.

"Il faut se donner des plafonds et avoir une gouvernance pour notre Europe qui rendent les choses acceptables, sinon la société, à un moment donné, explose. Les gens ne peuvent pas avoir des problèmes de pouvoir d'achat (...) et voir ces sommes", a-t-il expliqué.

"Là on est sur des montants qui sont astronomiques et sans l'encadrer dans une fourchette, on doit pouvoir mettre un plafond, si on le fait au niveau européen, ça peut marcher", a estimé le chef de l'Etat, en rappelant que Stellantis avait "son conseil d'administration et sa gouvernance aux Pays-Bas".

"Ce qu'il faut qu'on puisse faire, c'est comme on l'a fait avec l'impôt minimal et la lutte contre l'évasion, qu'on convainque nos partenaires européens de porter une réforme qui permette d'encadrer la rémunération de nos dirigeants", a-t-il argumenté.

Stellantis, qui n'a pas souhaité réagir aux propos du président de la République, a malgré tout rappelé qu'"en moins de huit ans, le groupe PSA est passé d'une situation de quasi faillite au rang d'entreprise leader de son secteur au plan mondial" grâce à la fusion avec FCA, dont Carlos Tavares a porté le projet.

Sa rémunération, "à 90% variable en fonction des résultats", reste malgré tout inférieure à celle de ses homologues nord-américains de GM ou Ford, précise le constructeur.

Au niveau franco-français, Emmanuel Macron veut aussi "changer le pacte de partage de la valeur ajoutée dans l'entreprise".

"Quand on verse aux actionnaires, on doit verser aux salariés par de l'intéressement- participation et/ou par de la prime de pouvoir d'achat", a-t-il ajouté en citant une mesure de son projet visant à augmenter la prime Macron à 6.000 euros.

"Bien sûr que c'est choquant, c'est encore plus choquant d'ailleurs quand ce sont des chefs d'entreprises qui ont mis leur société en difficulté", a réagi l'autre finaliste Marine Le Pen, sur BFMTV.

"Mais je crois qu'un des moyens d'atténuer ces rémunérations qui sont hors de proportion par rapport à la vie économique, c'est peut-être justement de faire entrer les salariés comme actionnaires", a ajouté la candidate du RN.

Les millions d'euros de primes attribuées aux dirigeants du groupe automobile Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat...) pour l'année 2021 sont contestés par des actionnaires, des syndicats et dans le champ politique, à quelques jours du second tour de la présidentielle.

Réunis en assemblée générale virtuelle, une majorité d'actionnaires de Stellantis ont voté - à titre consultatif - contre la politique salariale du constructeur qui rémunère ses dirigeants selon leur performance. Ils l'avaient approuvée début 2021 à la naissance du groupe, issu de la fusion de Peugeot-Citroën-Opel (PSA) et Fiat-Chrysler (FCA).

Les performances de l'année 2021 ayant été exceptionnelles, M. Tavares devrait toucher à terme un total de 19 millions d'euros pour l'exercice.

el-agu/tq/eb

© 2022AFP