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Le dossier Mahle-Behr chez Bruno Lemaire

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire va prendre en charge le suivi du dossier de la filiale française du groupe allemand Mahle-Behr, sous-traitant automobile signataire d'un accord de compétitivité qui n'a pas produit d'effets positifs, a-t-on appris mercredi auprès d'un syndicat de l'entreprise.

La section de l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) de l'usine de climatiseurs automobiles de 810 salariés à Rouffach (Haut-Rhin) avait interpellé Emmanuel Macron par courrier début septembre pour l'inviter à se rendre sur place et à lancer une "mission d'évaluation" sur les accords de compétitivité, dont le site a été le pionnier.

Dans sa réponse écrite datée du 26 septembre et transmise mercredi à l'AFP, le cabinet du Président indique avoir transmis le dossier à Bruno Le Maire "afin qu'il examine la suite susceptible d'être apportée, notamment en ce qui concerne la mission d'évaluation". Emmanuel Macron a décliné en revanche la visite sur site, en raison de son "agenda particulièrement contraint".

La réponse est "satisfaisante", elle a été "rapide" et "témoigne de l'attention portée à notre démarche", a réagi Denis Pieczynski, délégué Unsa du site.

Ce syndicat, avec l'accord de principe des autres organisations du site, a demandé une remise à plat du dispositif législatif sur les accords de compétitivité, au regard du "résultat très négatif, pour ne pas dire catastrophique" à Mahle-Behr France.

A l'été 2013, l'usine de Rouffach avait été la première signataire en France d'un "accord de maintien de l'emploi"(AME), dans la foulée de la loi de "sécurisation de l'emploi" du 14 juin 2013, créatrice de cet outil communément appelé accord de compétitivité.

Le texte avait gelé les salaires pendant deux ans et augmenté le temps de travail en échange de l'absence de plan social et de la promesse de rentrer de nouvelles commandes. Il avait été suivi en 2016 d'un accord "de compétitivité", avec "modération" salariale, signé hors du cadre de la loi de 2013.

Or, depuis quatre ans, le site n'a pratiquement pas décroché de nouveaux marchés, car son coût de production demeure trop élevé par rapport à d'autres usines du groupe allemand Mahle-Behr en Europe de l'Est. En outre, ses effectifs ont baissé de 267 personnes.

L'Unsa a indiqué craindre de nouvelles suppressions de poste à court terme. "C'est à ce moment-là qu'on verra la réaction du gouvernement et les solutions proposées pour agir au mieux dans l'intérêt des salariés", a déclaré M. Pieczynski.

© 2017AFP