La Française de Roues menacée

Trois cents salariés en grève de la Française de Roues (F2R, roues automobiles) manifestent dans les rues de Châteauroux (Indre) lundi après-midi pour sensibiliser les pouvoirs publics et les constructeurs Renault et PSA en faveur de la survie de leur entreprise, a-t-on appris de source syndicale.

Les manifestants, qui s'opposent à la fermeture de l'usine de Diors (Indre), bloquent la circulation et défilent au son des sifflets et des tambours. "F2R veut vivre", proclame une banderole.

Aucun incident n'est à signaler, selon la police.

Les représentants des salariés ont rencontré le préfet de l'Indre à midi pour lui demander d'intervenir auprès des constructeurs Renault et PSA. Ce qu'il s'est engagé à faire. Le tribunal de commerce de Châteauroux dira mercredi si les deux offres de reprise de l'usine sont valables. "Comme les apports financiers sont insuffisants, le juge demande des engagements des clients, à savoir les constructeurs", a expliqué un porte-parole de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE CGC.

L'équipementier automobile, dernier producteur français de jantes en aluminium, est en redressement judiciaire depuis le 1er avril 2014. Deux repreneurs sont en lice pour cette usine de 500 salariés, dont 380 CDI: le groupe de fonderie Arche, et Sintertech, présidé par Thierry Morin, ancien patron de Valeo. La production de l'usine est stoppée depuis vendredi soir et les expéditions de roues sont également bloquées.

Française de Roues a conçu et fabrique notamment les roues du Nissan Qashqaï et du Renault Captur.

Selon le syndicat CFDT de l'entreprise, le projet de reprise par Sintertech est "rejeté à 95% par le personnel, alors que son projet est soutenu par Renault et Peugeot qui s'engageraient sur un an de commandes avec un prix constant des jantes". Ces conditions commerciales ne permettraient pas de pérenniser l'activité de F2R, estime le syndicat dans un communiqué.

Le plan du second candidat-repreneur, Arche, "est considéré comme plus sérieux et réaliste" par les salariés, tant du point de vue industriel que sur les prix et volumes sur trois ans, selon la CFDT.

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