webleads-tracker


Jean-Dominique Senard à Tokyo pour retisser les liens avec Nissan

Constructeurs

Le nouveau président de Renault, Jean-Dominique Senard, est arrivé jeudi à Tokyo pour rencontrer les dirigeants de Nissan et rétablir la confiance entre les deux partenaires, que l'affaire Ghosn a mise à mal.

Nissan avait confirmé en début de semaine sa venue imminente, son patron exécutif Hiroto Saikawa se disant "enthousiaste à l'idée de lui présenter" le constructeur d'automobiles japonais.

Une série de réunions sont prévues avec plusieurs hauts responsables et des administrateurs de Nissan.

Si M. Senard a dit quelques mots à son arrivée à l'aéroport à des journalistes japonais, il n'est pas prévu à ce stade de conférence de presse.

"J'ai une longue mission de rétablissement de confiance, de transparence, de loyauté", avait-il déclaré à la presse française lundi.

Restaurer "une bonne communication" entre les deux alliés, c'est la priorité des discussions à venir, avait renchéri M. Saikawa mardi, à l'occasion de la présentation des résultats financiers. Il avait accueilli avec soulagement en janvier la nomination du patron de Michelin à la présidence de Renault, après des semaines de frictions entre les deux groupes.

M. Senard siègera à compter d'avril au conseil d'administration de Nissan, mais reste en suspens la question de la présidence de l'instance, position laissée vacante par le limogeage de M. Ghosn.

"Il est prématuré d'en parler", a déclaré M. Senard à l'agence Kyodo à son arrivée.

Les discussions sur ce point s'annoncent délicates, car Nissan n'est pas favorable à la nomination d'un même et seul président pour les deux alliés. Les responsables de la compagnie, qui ont dénoncé à plusieurs reprises la trop grande mainmise de M. Ghosn, veulent à tout prix éviter à l'avenir une situation similaire, posant selon eux un problème de concentration des pouvoirs et de conflit d'intérêts.

L'arrestation du magnat de l'automobile, le 19 novembre à Tokyo, a fait éclater au grand jour les tensions entre les deux partenaires, divisés sur le sort du magnat de l'automobile et le partage du pouvoir au sein de l'alliance.

Le constructeur japonais, à l'origine de l'enquête interne qui a fait tomber M. Ghosn, s'était empressé de le révoquer, tout comme Mitsubishi Motors, tandis que Renault a attendu sa démission pour nommer un remplaçant. L'ex-PDG est toujours détenu à Tokyo.

L'alliance, née en 1999, est unie par des participations croisées: Renault détient actuellement 43% de Nissan, qui lui-même possède 15% de Renault (mais sans droit de vote) et 34% de Mitsubishi Motors.

anb/kap/evs

© 2019AFP