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Iveco Group : démarrage difficile en Bourse

Constructeurs

Le constructeur de camions et de bus Iveco Group, contrôlé par la famille Agnelli, a fini par prendre lundi la route, quelque peu sinueuse, de la Bourse de Milan, après avoir été longtemps convoité par le groupe automobile chinois FAW Jiefang. Le titre Iveco Group, dont la fixation du prix avait été retardée d'une demi-heure en raison des faibles volumes négociés, chutait à la clôture de 10,23% à 10,10 euros, après avoir été introduit au cours de 11,26 euros.

La capitalisation d'Iveco Group n'a ainsi atteint que quelque 2,74 milliards d'euros, moins que prévu par les analystes et bien inférieur au prix offert par FAW Jiefang, qui était prêt à débourser 3,5 milliards d'euros.

Mais cette transaction s'est heurtée au refus du gouvernement italien, très frileux à l'idée de voir des groupes chinois s'emparer de secteurs jugés stratégiques pour le pays, d'autant qu'Iveco fabrique aussi des camions militaires.

Deux jours après l'entrée en vigueur de sa scission du groupe italo-américain CNH Industrial, Iveco Group a ainsi suivi, avec moins de réussite, l'exemple de son concurrent allemand Daimler Truck, introduit en décembre en grande pompe à la Bourse de Francfort.

Avant Daimler, c'est Volkswagen qui avait vendu en juin 2019 une partie minoritaire du capital de sa division poids lourds Traton, pour faciliter son expansion mondiale et lui donner plus de visibilité.

Iveco Group rassemble plusieurs branches de CNH Industrial : camions (Iveco), bus (Iveco bus et Heuliez), groupe motopropulseur (FPT Industrial), véhicules militaires (Astra), lutte contre les incendies (Magirus) et services financiers (Iveco Capital).

 

"Étape historique"

"Notre premier jour de cotation marque une étape historique puisque nous devenons une société totalement indépendante", a déclaré le PDG d'Iveco Group, Gerrit Marx, après avoir sonné la cloche lors de la cérémonie d'ouverture à la Bourse de Milan.

L'assemblée générale des actionnaires de CNH Industrial avait approuvé fin décembre à une très large majorité la scission du groupe né en 2013 de la fusion de l'italien Fiat Industrial et de sa filiale américaine CNH Global.

"Nous avons toutes les conditions requises pour un succès à long terme, en partant de bases solides", a assuré M. Marx, alors que les investisseurs se montraient plus que réticents pour les débuts d'Iveco en Bourse.

CNH Industrial a quant à lui gardé la production de machines agricoles et de chantier. Son titre perdait 2,26% à 14,69 euros à la clôture, après des ajustements techniques dus à son nouveau périmètre réduit. Lors de sa dernière cotation avant la scission, CNH avait terminé à 17,07 euros.

L'actionnaire principal, la famille Agnelli via sa holding Exor, conservera 27% du capital et 41,68% des droits de vote d'Iveco Group, soit la même participation qu'il détient dans CNH Industrial.

 

Objectifs ambitieux

Les objectifs que s'est fixés Iveco sont ambitieux. Le groupe prévoit des recettes de 16,5 à 17,5 milliards d'euros d'ici 2026, après avoir enregistré un chiffre d'affaires de 11,9 milliards d'euros en 2019, avant la pandémie de coronavirus, et de 10,4 milliards en 2020.

Quant au bénéfice net ajusté, il devrait atteindre entre 600 et 800 millions d'euros à l'horizon 2026, contre 300 millions d'euros en 2019, selon le plan stratégique du groupe.

Derrière Daimler, Iveco est le numéro deux en Europe dans la production de bus et a pu accroître sa part de marché dans la commercialisation de poids lourds de 5% à 8% ces deux derniers années, selon un porte-parole du groupe.

Comme les autres constructeurs de camions, Iveco devra réduire drastiquement la pollution atmosphérique de ses véhicules et a annoncé en novembre viser "zéro émission nette" d'ici 2040.

Pour y arriver, le groupe, qui emploie 33.500 personnes dans 36 pays, compte recourir davantage au gaz naturel, aux biocombustibles, aux technologies hybrides ainsi qu'à l'électrique.

Iveco prévoit ainsi de développer une gamme de bus entièrement électriques d'ici 2023 et une nouvelle gamme de poids lourds 100% électriques et à pile à combustible d'ici 2024.

bh/bt

© 2022AFP