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Ineos pourrait construire son 4x4 chez Smart en Moselle

Constructeurs

Coup de théatre: Ineos, le groupe britannique du milliardaire pro-Brexit Jim Ratcliffe, pourrait finalement construire son futur 4x4 en France et non au Pays de Galles comme prévu.

Dans un communiqué reçu par l'AFP, Ineos dit être en "discussions avancées" avec le géant allemand de l'automobile pour racheter son usine de Moselle, où est fabriquée l'emblématique Smart, dans un communiqué reçu mardi par l'AFP.

Il précise "mettre en suspend les travaux de ses sites du Pays de Galles et du Portugal" pendant ces tractations. Une volte-face spectaculaire qui a immédiatement déclenché la colère du syndicat britannique Unite qui crie à la "trahison".

Un porte-parole de Daimler a confirmé à l'AFP qu'"Ineos Automotive peut être un acheteur potentiel, et que nous allons mener des discussions".

"Ineos Automotive examine sa stratégie de fabrication pour le nouveau Grenadier au regard de la pandémie de Covid-19 qui a retardé ses plans" mais se trouve "face à de nouvelles opportunités en termes de structures existantes qui n'étaient auparavant pas disponibles", se justifie le groupe britannique.

 

Un milliard d'investissement

Daimler avait créé la consternation en France la semaine dernière en annonçant son intention de vendre son site de Hambach, qui emploie quelque 1.500 salariés.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire avait appelé le constructeur à "garder toutes les options ouvertes".

Le Grenadier, dont le design a été dévoilé en grande pompe la semaine dernière, est un pari de diversification pour un groupe longtemps resté discret mais tente désormais de se faire un nom auprès du grand public.

Ineos investit environ 1 milliard de livres dans le lancement de ce 4x4, alors que le secteur automobile traverse une grave crise.

La production du véhicule devait débuter dans le courant de l'année prochaine dans l'usine de Bridgend au Pays de Galles. C'est justement dans cette ville que Ford doit fermer cette année une usine de moteurs qui emploie 1.700 personnes.

Le châssis devait quant à lui être fabriqué au Portugal.

Le syndicat Unite a vivement réagi, soulignant dans un communiqué que "Jim Ratcliffe a publiquement soutenu le Brexit et affirmé que le pays prospèrerait hors de l'Union européenne". Il l'appelle donc à "suivre sa propre rhétorique et construire le Grenadier au Royaume-Uni. Toute autre décision serait une trahison".

D'après des informations de presse, Ratcliffe aurait par ailleurs déménagé à Monaco en février 2019 pour éviter de pays des taxes sur la fortune au Royaume-Uni.

Cela "serait un véritable choc si Ineos reniait son engagement public", s'est indigné le ministre gallois de l'Economie Ken Skates.

 

Prudence en France

Les réactions en France étaient de leur côté frileuses.

A Bercy, on estime qu'il est "trop tôt" pour évaluer la pertinence de ce projet "qui peut être intéressant". "Mais il faut le regarder en détail car on ne s'improvise pas constructeur automobile".

"On nous a annoncé un repreneur potentiel, on a un nom, c'est tout. Ce qu'il faut savoir, c'est son projet, s'il va garder tout le monde, dans quelles conditions, à partir de quand, si Ineos s'engage à continuer les Smart qu'on doit fabriquer jusqu'en 2022-2023", a commenté Mario Mutzette, délégué CFE-CGC, joint par l'AFP.

"S'il vient avec un 4X4 électrique tant mieux mais s'il vient avec un Grenadier, avec un moteur diesel, ça ne colle pas avec l'image du site de Hambach, qui est une vitrine écologique avec des modèles électriques", a-t-il ajouté.

Le groupe avait confirmé la semaine dernière qu'il prévoyait un modèle à essence pour l'instant.

Les syndicats espèrent avoir plus de détails lors du comité social et économique jeudi à 11H00.

De leur côté, trois députés de Moselle avaient dit avant l'annonce d'Ineos vouloir appeler Emmanuel Macron à "intervenir auprès du groupe Daimler ainsi que de la chancelière allemande Angela Merkel" pour trouver un repreneur pour le site d'Hambach.

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© 2020AFP