"On ne souhaite pas entretenir de faux espoirs. On veut se concentrer sur le reclassement et la revitalisation de l'espace industriel qui continuent à être nos priorités", a déclaré au Courrier Picard le directeur des ressources humaines de Goodyear France, Jean-Philippe Cavaillé, indiquant que les discussions étaient "closes" et que ce projet de Scop "n'apporte aucun élément crédible de viabilité".
Le délégué CGT, Michaël Wamen, et l'avocat du syndicat, Fedor Rilov, étaient allés présenter ce projet de reprise au siège mondial du groupe à Akron (Etats-Unis), le 15 septembre. Ils considéraient que les membres de la direction France du groupe n'étaient que des "exécutants" et que "les seuls qui (pouvaient) décider se trouvent à Akron".
"C'est l'entité France qui est maîtresse de son destin", a cependant affirmé M. Cavaillé.
"La direction de Goodyear n'a jamais sérieusement voulu discuter avec nous du projet de Scop. Elle ne veut pas que quiconque vienne perturber ses plans stratégiques à moyen et à long terme", a rétorqué M. Wamen, interrogé par un correspondant de l'AFP.
"Nous allons continuer à nous battre pour que l'engagement de Goodyear à ne pas empêcher l'arrivée d'un repreneur du site soit respecté", a ajouté M. Rilov. "Notre projet est vraiment opérationnel. Sa viabilité est supérieure à celui de Titan (équipementier américain un temps intéressé par la reprise avant de renoncer en novembre 2013, ndlr). Lorsque votre interlocuteur ne répond pas et se contente de dire que votre projet n'est pas crédible, ce n'est pas le projet qui pêche, mais la volonté de l'autre de discuter qui est en cause", a-t-il encore lancé.
La direction France avait déjà rejeté en mai un premier projet de Scop.
L'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens-Nord a fermé en janvier 2014, entraînant le licenciement de 1.143 salariés. Goodyear a décidé d'abandonner l'activité pneu agricoles dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique.
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