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Ghosn: adapter les travailleurs au travail

Constructeurs

Le PDG de Renault Carlos Ghosn estime que l'évolution technologique et la mondialisation imposent de se préoccuper davantage des travailleurs que du travail pour leur donner "les moyens de s'adapter à ce qui vient".

"Sur cette période, il faut beaucoup plus se concentrer sur les travailleurs, les employés, pour s'assurer qu'ils ont les moyens de s'adapter à ce qui vient", a déclaré M. Ghosn, lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. "Il faut plus se préoccuper des travailleurs que du travail", a-t-il ajouté.

M. Ghosn observe que la mondialisation est aujourd'hui "plus rapide, technologique, décentralisée", et qu'il y a "de plus en plus initiative privée".

"Il y a des tas de métiers qui vont disparaître. On peut lutter, résister, retarder, mais c'est une bataille perdue. Il faut laisser filer le travail puisque dans tous les cas il va évoluer sous la pression du marché et de l'innovation, mais par contre se préoccuper des travailleurs", a estimé M. Ghosn.

"Il faut savoir de temps en temps lâcher des secteurs, c'est-à-dire laisser les fournisseurs faire ce que vous faisiez vous-mêmes", a-t-il expliqué.

Concernant le dossier des taxis, le patron de Renault a estimé que "compte tenu de l'évolution technologique, avec le développement des voitures autonomes, des voitures sans chauffeur, dans 20 ans il n'y aura plus de taxis".

Mais "l'acceptation de cette évolution technologique mettra un peu plus de temps", a-t-il relevé. Et "aujourd'hui, ce qui limite le développement des voitures autonomes, des voitures sans conducteur, c'est le régulateur", a-t-il ajouté.

Pour l'ancien président de l'OMC Pascal Lamy, "si le syndicat des chauffeurs de taxi était intelligent, la transition avec Uber pourrait se négocier".

"Nous changeons, nous Français, trop lentement et l'Europe change trop lentement", a affirmé M. Lamy. "On risque la dégradation et la dérive (...) C'est un peu ce qui s'est passé chez nous depuis 40 ans", a-t-il dit.

Interrogé sur une modification du code du travail et l'instauration d'un contrat de travail unique, M. Lamy s'y est dit "évidemment" favorable, "mais il n'y a pas une réforme (...) c'est une question d'approche globale", a-t-il souligné.

"Laissons les choses telles qu'elles sont", a répondu Carlos Ghosn sur le contrat unique. "Mais lâchons l'initiative privée, les associations, les coopérations", a-t-il poursuivi. "Il y a un atout qu'on n'a pas encore totalement joué, qui est celui de l'initiative individuelle et de la qualité des entrepreneurs".

sbo/cb/pre

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