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Ford a menti sur la raison de la fermeture de ses usines au Brésil, dit Bolsonaro

Constructeurs

Le président brésilien Jair Bolsonaro a accusé mardi Ford d'avoir menti sur la raison pour laquelle le constructeur automobile américain a décidé de fermer ses usines dans son pays, l'accusant de réclamer "plus de subventions".

Au lendemain de cette annonce qui a fait l'effet d'une bombe lundi soir, plusieurs milliers de manifestants ont protesté contre ces fermetures qui devraient entraîner près de 5.000 licenciements au Brésil, où Ford était présent depuis un siècle.

"Je regrette les 5.000 emplois perdus (...) Mais que veut Ford? Ils n'ont pas dit la vérité. Ils veulent des subventions", a déclaré le président Bolsonaro à la sortie de son palais présidentiel de l'Alvorada, à Brasilia.

"Vous voulez qu'on continue à leur donner 20 milliards de réais (3,8 milliards de dollars) comme ils (les gouvernements précédents) le faisaient ces dernières années? L'argent de vos impôts, pour fabriquer des voitures ici? Non, désolé", a poursuivi le dirigeant d'extrême droite, sans préciser à quels versements il faisait référence.

"La décision prise par Ford Brésil et les circonstances qui l'ont motivée parlent d'elles-mêmes. Il n'y a rien d'autre à dire", a réagi le constructeur automobile, dans un commentaire envoyé à l'AFP depuis les Etats-Unis.

Dans son communiqué publié lundi soir, Ford a invoqué la pandémie de Covid-19, "qui n'a fait qu'augmenter la capacité de production inutilisée et la réduction des ventes a provoqué des années de pertes significatives".

Dès l'aube, près de 3.000 personnes portant des masques de protection contre le Covid-19 étaient rassemblées devant l'usine de Camaçari, dans l'Etat pauvre de Bahia (nord-est), a constaté un photographe de l'AFP.

Et environ 500 autres employés de Ford manifestaient sur le site de Taubaté, près de Sao Paulo (sud-est).

Ces deux usines doivent cesser leur production "immédiatement", selon l'entreprise, tandis qu'une troisième, à Horizonte, dans l'Etat du Ceara (nord-est), ne devrait fermer qu'au dernier trimestre de 2021.

"C'est une nouvelle choquante, la pire possible", a dit à l'AFP Felipe Monteiro, technicien électronique de 34 ans, qui travaillait depuis 16 ans à l'usine de Taubaté.

"Cela fait plusieurs années qu'on avait fait des concessions, et on espérait que l'entreprise allait continuer à investir ici", déplore ce père de deux enfants, qui se dit "sans aucune perspective d'avenir", dans un pays qui compte plus de 14 millions de chômeurs.

Le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, qui a multiplié les passes d'armes avec Jair Bolsonaro ces derniers jours, a affirmé lundi que "la fermeture des usines de Ford (était) une démonstration du manque de crédibilité du gouvernement brésilien".

De nombreux observateurs ont attribué la décision de Ford aux coût de production élevé et à la complexité du système fiscal du Brésil.

La vente de véhicules neufs au Brésil a chuté de 26% en 2020 par rapport à l'année précédente à cause de la crise du Covid-19, qui a fait plus de 203.000 morts dans ce pays de 212 millions d'habitants, le deuxième pire bilan après les Etats-Unis.

jm-lg/pt/pcm

© 2021AFP