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Fonderie du Poitou : aucun repreneur selon l'intersyndicale

Equipementiers

Aucune offre n'a été déposée pour la reprise de la Fonderie du Poitou "Alu", sous-traitant automobile de 320 salariés dans la Vienne, désormais sous la menace d'une liquidation judiciaire, a-t-on appris mardi auprès de l'intersyndicale, qui appelle au soutien de l'Etat et Renault pour "sauver l'usine".

Les trois candidats qui s'étaient manifestés pour un projet de reprise, "deux industriels indiens et un chinois", n'ont finalement "pas déposé d'offre", a indiqué Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT et porte-parole de l'intersyndicale CGT/CFE-CGC, joint par l'AFP.

La nouvelle, sans surprise, a été annoncée aux salariés mardi matin lors d'un CSE extraordinaire décisif pour l'avenir du site d'Ingrandes-sur-Vienne, au nord de Châtellerault, qui avait jusqu'à lundi minuit pour trouver un repreneur.

Dernier candidat encore en discussions, "le fondeur chinois Huanxang a finalement renoncé à faire une offre lundi à 17HOO", selon le syndicaliste.

"C'est forcément une mauvaise nouvelle, mais ce n'est pas le coup de grâce. On a encore des cartes à jouer et on va les jouer à fond", a assuré Jean-Philippe Juin.

"On n'est malheureusement pas surpris, on va se battre jusqu'au bout, mais aujourd'hui ça ressemble quand même à un enterrement de notre usine", a pour sa part commenté Pierre Martin, fondeur depuis 18 ans, auprès d'un correspondant de l'AFP.

Faute de candidats, l'entreprise se dirige logiquement vers la liquidation judiciaire. L'intersyndicale a toutefois demandé un délai de 15 jours avant que le dossier ne soit transmis par l'administrateur judiciaire au tribunal de commerce de Paris. Objectif: être reçu par Renault - l'unique client du site - et l'État "dans l'espoir de trouver une solution pour sauver l'usine et les emplois", selon M. Juin.

"Renault nous dit qu'il a besoin de nous et qu'il a des culasses à nous faire faire jusqu'en 2025: on veut donc qu'il précise comment il imagine la suite", a expliqué le syndicaliste.

Quant à l'État, l'intersyndicale entend lui demander "la nationalisation provisoire du site pendant trois ans", le temps pour la Fonderie d'opérer sa conversion des pièces pour moteur thermique vers des pièces pour véhicules électriques et "d'intéresser à nouveau des repreneurs".

En attendant, l'intersyndicale, qui avait appelé lundi à 24 heures de grève, a décidé lors d'une assemblée générale "le blocage des pièces" pour faire pression sur le constructeur. "Aucune pièce ne sortira du magasin jusqu'à nouvel ordre", a averti le porte-parole.

Le sous-traitant, en redressement judiciaire depuis avril, avait initialement jusqu'au 20 octobre pour trouver un repreneur. Faute de candidats, le tribunal avait accordé un nouveau délai jusqu'au 10 janvier à l'entreprise qui fabrique des culasses en aluminium.

Filiale du groupe Alvance de l'Indo-Britannique Sanjeev Gupta, cet équipementier automobile se trouve en difficulté depuis plusieurs années. L'usine mitoyenne Fonderie du Poitou Fonte, qui produisait pour Renault des carters diesel, a fermé ses portes cet été.

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© 2022AFP