Le directeur général de FCA, Sergio Marchionne, a qualifié les résultats 2015 de "phénoménaux", alors que le groupe a dépassé la plupart de ses objectifs.
Les investisseurs ont semblé moins satisfaits: à la Bourse de Milan, qui a terminé en recul de 0,4%, FCA a perdu 0,86%, à 6,95 euros, tandis qu'à Wall street, il chutait de 0,53% à 7,57 dollars. La raison: une certaine déception concernant les prévisions pour 2016, et ce malgré un très bon quatrième trimestre.
Les résultats 2015 sont les derniers incluant le constructeur de voitures de luxe Ferrari, dont FCA s'est séparé début janvier. Ils font apparaître de bonnes performances en Amérique du Nord, où FCA réalise plus de 60% de ses ventes, mais un ralentissement en Asie et en Amérique du Sud, en particulier au Brésil et en Argentine.
Sur l'année, le chiffre d'affaires s'élève à 113,19 milliards d'euros, en hausse de 18% par rapport à 2014. FCA tablait sur des ventes de plus de 110 milliards.
Le bénéfice net ajusté s'établit lui à un petit peu plus de 2 milliards d'euros (contre 1,2 milliard prévu), soit quasi le double de 2014, et ce alors même que le groupe a dû faire face à d'importants rappels de véhicules.
Le bénéfice net a en revanche chuté de 40%, à 377 millions d'euros, bien inférieur aux estimations des analystes.
Les livraisons de véhicules sont elles restées stables à 4,6 millions d'unités, un peu inférieures aux prévisions du groupe (4,8 millions). Jeep a réalisé une très bonne performance avec une hausse de 21% de ses ventes, à 1,3 million de véhicules commercialisés.
Montée en puissance de Jeep en Chine
Pour 2018, soit le terme du plan stratégique lancé en 2014, le groupe a revu à la hausse ses objectifs: il table désormais sur un chiffre d'affaires de 136 milliards d'euros (contre 129 mds annoncés en mai 2014), un bénéfice net ajusté de 4,7 à 5,5 milliards d'euros (contre 4,5-5,3 mds) et un résultat d'exploitation (Ebit) ajusté à 8,7-9,8 milliards d'euros (contre 8,3-9,4 mds).
L'objectif de 7 millions de véhicules vendus en 2018, annoncé en 2014, semble en revanche être passé à la trappe. M. Marchionne a affirmé que cet objectif n'était "pas important" et que FCA était concentré sur les résultats financiers. Il a souligné que le marché était différent d'il y a quatre ans, donnant l'exemple du Brésil, où "le marché a perdu un million d'unités en 18 mois".
Pour 2016, FCA table sur un chiffre d'affaires supérieur à 110 milliards d'euros (contre 110,59 mds en 2015 en excluant Ferrari), un Ebit ajusté de plus de 5 mds d'euros (contre 4,79 mds) et un bénéfice net ajusté de 1,9 milliard (contre 1,7 md).
Le groupe prévoit une poursuite de la croissance en Amérique du nord, ainsi qu'en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.
FCA s'attend par ailleurs à "un retour à une modeste profitabilité" en Amérique latine en 2016 et une amélioration dans la seconde partie de l'année en Asie-Pacifique, avec la montée en puissance de Jeep en Chine, où la marque a lancé sa production en novembre dans l'usine de Changsha.
La scission de Ferrari permet à FCA de commencer 2016 avec une dette nette limitée à 5 milliards d'euros, a précisé le groupe qui compte la maintenir à ce niveau cette année et autour de 4-5 milliards en 2018.
Le groupe a voté le 3 décembre sa séparation d'avec Ferrari, dont il détenait 90% du capital. Cette scission a été scellée le 4 janvier avec l'entrée du constructeur de voitures de sport à la Bourse de Milan.
FCA s'est depuis retrouvé dans la tourmente après que deux concessionnaires américains l'ont accusé de truquer ses chiffres de ventes aux Etats-Unis, son premier marché. Le constructeur a promis de "se défendre avec force", se disant "convaincu que la plainte (était) infondée".
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