Pour Emelie Bergbom, la course s'est arrêtée au bout de quelques secondes après un spectaculaire tonneau dont elle est heureusement sortie indemne, lors de la course organisée par le Fjäras Motor Club, dans le sud de la Suède.
Chaque manche débute avec six voitures alignées à quelques centimètres les unes des autres, et le premier virage est souvent très encombré.
"Je ne suis pas blessée, c'est le plus important", dit la trentenaire à l'AFP.
Les participants, qui peuvent concourir dès 15 ans, ne peuvent se jouer de mauvais tours ou foncer délibérement dans une voiture concurrente mais les collisions et chocs sont monnaie courante.
Emelie Bergbom reconnaît avoir eu peur lors de ce premier tonneau de sa vie de pilote mais elle sourit en notant qu'elle peut maintenant cocher une case supplémentaire dans sa carrière en "Folkrace".
"née là-dedans"
"Je suis née là-dedans", dit-elle, forte de ses quinze ans d'expérience après avoir suivi ses parents adeptes de ces courses.
Né en Finlande dans les années 70, le sport a essaimé dans les pays nordiques et a gagné en popularité, devenant la course de M. tout le monde - le mot folk signifie peuple - grâce à son budget abordable.
Pour décourager la course à l'investissement, ce sport automobile impose une règle inhabituelle: après la course, toutes les voitures sont mises en vente au prix fixé de 11.000 couronnes (1.000 euros) et le propriétaire ne peut refuser une offre.
Les voitures doivent également être vendues dans l'état dans lequel elles ont été conduites, bien que certains équipements personnels tels que les fauteuils puissent être enlevés.
Une inspection de l'arceau de sécurité et des pièces cruciales pour l'intégrité structurelle du véhicule est également effectuée.
Le droit de pouvoir acheter une voiture coûte 400 couronnes (36 euros). Si plusieurs acheteurs potentiels sont intéressés par une même voiture, ils sont départagés par tirage au sort.
Bergdom a redoublé de malchance puisqu'après sa sortie de route, sa voiture a été vendue, et elle n'a pas gagné le droit d'en acheter une autre.
"Je n'ai pas été tirée au sort donc je suis sans voiture", explique-t-elle à l'AFP.
Signe des racines nordiques de ce sport, les voitures suédoises de marque Volvo ou Saab sont les plus répandues et certains pilotes tentent de les rendre peu attractives pour éviter qu'elles soient rachetées.
"L'avantage de conduire un modèle inhabituel, c'est que personne ne veut l'acheter", explique Alexander Gustavsson, 25 ans, à l'AFP, à côté de sa Peugeot jaune déglinguée aux jantes dépareillées.
"Si vous conduisez une Saab, tout le monde la veut. Si vous conduisez une Peugeot comme celle-là, personne n'en veut", souligne-t-il.
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