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Didi, le géant chinois du VTC, s'allie avec 30 partenaires dont Renault

Services

Le géant chinois des VTC Didi Chuxing a annoncé mardi s'être allié à une trentaine de partenaires dans l'industrie automobile, dont Renault et Volkswagen, pour développer des véhicules dédiés aux services de mobilité partagée... un horizon prometteur pour les constructeurs sur le premier marché mondial.

Didi, qui domine en Chine le marché des véhicules avec chauffeurs (VTC) et s'efforce de développer l'auto-partage, affiche son intention de transformer à grande échelle les particuliers automobilistes en de simples usagers d'une flotte de voitures dédiées à ses services... quitte à bousculer le secteur.

La "Didi Auto Alliance", dont il a annoncé mardi la création, réunit des équipementiers, des start-ups technologiques, des constructeurs chinois (SAIC, Changan, Dongfeng, Geely...) et étrangers (Volkswagen, Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota).

Cette plateforme confirme les partenariats signés en février entre le "Uber chinois" et douze constructeurs.

L'objectif? "Collaborer (...) pour développer des modèles de véhicules" spécifiquement dédiés aux services de mobilité partagée, "en combinant l'expertise des industriels et l'expérience de Didi", explique le groupe.

Didi pourrait ainsi s'appuyer sur ses 450 millions d'utilisateurs, leurs données et leurs itinéraires pour aider les industriels à programmer des fonctionnalités d'intelligence artificielle. Autre piste possible: des moteurs moins puissants mais suffisants pour le centre-ville, plus légers et économes.

 

Marché lucratif

Didi Chuxing, qui avait racheté l'an dernier les opérations d'Uber en Chine, affirme contrôler 90% du marché des VTC dans le pays et compter 21 millions de chauffeurs.

Le groupe entend "s'appuyer sur ses ressources pour proposer avec ses partenaires des solutions intégrées pour la location de véhicules, l'auto-partage et la maintenance automobile" via autant de plateformes électroniques.

"La Chine peut jouer un rôle-pivot pour transformer la structure du secteur automobile qui existe depuis un siècle", s'enflamme le patron de Didi, Cheng Wei, cité par le communiqué.

Le groupe pointe volontiers que les voitures des particuliers restent l'essentiel du temps stationnées sur des parkings... dont le coût dans des métropoles chinoises saturées est exorbitant --de quoi inciter à se tourner vers l'autopartage, plus économique.

Pour le président de Volkswagen Chine, Jochem Heizmann, les constructeurs trouveront leur compte au partenariat.

"L'avenir sera déterminé par l'électrification, les voitures autonomes -- et par la mobilité partagée", qui "rend les villes plus vivables" et dont la part sur le marché automobile s'accroît, a-t-il jugé mardi devant la presse à Pékin.

Même si, selon lui, l'impact sur les ventes "ne devrait pas être trop marqué" dans l'immédiat, difficile pour les constructeurs de faire l'impasse sur une tendance de fond.

Les "services de mobilité" --fondés sur l'usage par les consommateurs de véhicules qu'ils ne possèdent pas-- deviendra d'ici 2040 un marché mondial d'au moins 1.000 milliards de dollars, estimait en décembre le cabinet IHS Markit, "et la Chine sera au premier rang" en raison d'un marché colossal (28,9 millions de véhicules écoulés l'an dernier).

Une voiture utilisée pour des services de mobilité partagée "roule au moins 5 fois davantage par an que la voiture d'un particulier", observe aussi IHS. "Leur durée de vie sera raccourcie", supposant des remplacements plus fréquents, commente Jochem Heizmann.

 

Décollage de l'électrique

"Un nombre croissant de gens utilisent ces services de transports à la demande, de type Didi, pour aller travailler, au détriment de leur propre véhicule. Cela aura forcément un impact sur les types de véhicules conçus", renchérit Bill Russo, directeur du cabinet Gao Feng Advisory à Shanghai.

Pour lui, l'essor des services de VTC et d'auto-partage alimentera en Chine le décollage des véhicules électriques et des technologies de voiture autonome.

"Ces entreprises de services cherchent à réduire les coûts de leur flotte, qu'il s'agisse de carburant, de maintenance, du salaire du chauffeur", explique-t-il à l'AFP.

Or, "avec l'électrification, vous sabrez les factures de carburant et de maintenance" sur la mécanique, tandis que l'automatisation permettra à terme de se passer de chauffeur, par exemple via des navettes automatiques.

Didi vise justement une flotte de 10 millions de véhicules électriques enregistrés sur ses plateformes d'ici 2028 et compte sur "l'Alliance" avec les industriels pour accélérer le développement d'infrastructures de chargement.

Enfin, l'auto-partage pourrait être vigoureusement soutenu en Chine par des métropoles soucieuses de désengorger leur centre-ville et d'endiguer la pollution, et, pour IHS Markit, les régulations locales devraient "contribuer à (en) façonner le modèle économique".

jug/ehl/pb

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