Des Citroën made in Iran dès 2018

Les chevrons après le lion en Iran: PSA a annoncé jeudi avoir signé un accord pour réintroduire sa marque Citroën dans le pays, un mois après la confirmation du retour de Peugeot dans la foulée de la levée des sanctions internationales.

Une co-entreprise détenue à égalité entre PSA et la société Saipa "investira plus de 300 millions d'euros en capacités industrielles et en recherche et développement au cours des cinq prochaines années", a précisé le groupe automobile français dans un communiqué.

L'accord, signé à Téhéran, "pose les bases d'un partenariat stratégique entre les deux entreprises. Il couvrira l'ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à la commercialisation des véhicules", a souligné PSA.

Ces véhicules "seront produits sur le site de Kashan, dont le Groupe PSA deviendra propriétaire à hauteur de 50%", selon la même source. Kashan est située à 200 km au sud de Téhéran.

"L'accord s'accompagne d'un transfert de technologies et d'un haut niveau de contenu local. Il entrera en vigueur après la signature de l'accord définitif, envisagée fin 2016", selon PSA qui estime que "les premiers véhicules Citroën sortiront des lignes de production de l'usine de Kashan en 2018".

L'accord cadre paraphé jeudi "est la troisième brique de notre stratégie pour l'Iran" après le retour de Peugeot et l'introduction de la marque de luxe DS avec un partenaire commercial local, s'est félicité le directeur de PSA pour la zone Afrique-Moyen-Orient, Jean-Christophe Quémard.

"Nous avons prévu de lancer trois véhicules" dans le cadre de cet accord, et ces derniers ont vocation à être également exportés dans la région Moyen-Orient et Afrique, a-t-il précisé lors d'une conférence téléphonique depuis Téhéran. PSA envisage pour l'usine de Kashan un rythme de production annuel de 150.000 unités à l'horizon 2021, selon lui.

Les relations entre Citroën et Saipa existent de longue date, et la marque aux chevrons a produit et commercialisé des véhicules à partir de 1966 en Iran. A l'époque, il s'agissait de 2CV et de dérivés.

 

Fort potentiel

Le 21 juin, PSA avait signé l'accord final de co-entreprise avec son autre partenaire historique, Iran Khodro, pour produire des Peugeot, scellant un retour industriel très attendu après la levée de sanctions internationales imposées en raison du programme nucléaire controversé de la République islamique.

La co-entreprise PSA-Iran Khodro pourra investir 400 millions d'euros sur cinq ans et débouchera sur une production de Peugeot 208, 2008 et 301 dès le second semestre 2017, avec un objectif à terme de 200.000 unités annuelles.

Les 350.000 unités que PSA espère sortir de ses usines en Iran une fois le rythme de croisière atteint sont à mettre en rapport avec la production mondiale du groupe en 2015, près de 3 millions de véhicules.

Les sanctions avaient contraint le groupe à quitter le pays en 2012, un coup très dur pour le premier groupe automobile français, à l'époque lié à l'Américain General Motors, alors que l'Iran constituait son deuxième débouché en volume après la France.

L'accord de juillet 2015 entre l'Iran et les grandes puissances, dont la France, sur le programme nucléaire, a entraîné la levée de la plupart des sanctions internationales.

L'Iran est considéré comme l'un des marchés automobiles au plus fort potentiel de croissance: le taux d'équipement y est inférieur à 100 voitures pour 1.000 habitants, six fois moins que dans l'Union européenne, et ses consommateurs y sont non seulement solvables mais aussi friands de modèles bien équipés.

La production iranienne d'automobiles, qui était de 1,65 million d'unités en 2011, a fortement chuté à 740.000 en 2013 à cause des sanctions. Elle est repartie à la hausse pour atteindre 1,1 million de véhicules en 2014. PSA estime qu'elle atteindra 1,2 million cette année.

Le concurrent français de PSA, Renault, est de son côté resté en Iran pendant la crise sur le dossier nucléaire. Il a promis d'y intensifier ses activités "à un niveau significatif". En attendant, ses livraisons ont été multipliées par trois et demi au premier semestre à 34.000 véhicules.

Le groupe possède déjà une capacité de production installée de 200.000 véhicules par an dans le pays avec ses partenaires iraniens, avait indiqué début juillet le directeur commercial, Thierry Koskas.

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