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Coronavirus : tribune d'Alain Landec, Président de la Feda

Distributeurs

Alain Landec, président de la Feda, a tenu à faire connaître samedi sa récente tribune s'adressant à ses adhérents distributeurs-stockistes touchés par le confinement et la pandémie du Covid-19..

Chers Adhérents,

Ecrire un édito en pareilles circonstances, quand la situation mérite des qualificatifs utilisés pour une époque que nous n’avons pas connue mais que nos parents ou grands parents nous ont transmise : la guerre 39/45, n’est chose facile. Il est également certain que des propos tenus aujourd’hui vont apparaitre inutiles, dérisoires voire déplacés ou surréalistes dans quelques jours ou même quelques heures.

Cela étant, je voudrais d’abord vous dire que la FEDA sera tout au long de cette épreuve à vos cotés pour vous informer de façon honnête et transparente, vous écouter et vous conseiller sachant que nos conseils doivent s’inscrire entre le bon sens et les contraintes gouvernementales qui ne vont probablement pas cesser, au jour le jour, de s’intensifier.

Dans ce cadre, je voudrais rendre hommage au travail remarquable et remarqué de Mathieu Séguran et de son équipe qui par sa proximité avec les pouvoirs publics, son travail avec les Fédérations et Confédérations a pu, à la fois, faire remonter vos préoccupations, vos inquiétudes et vos besoins pour ensuite vous informer, en temps réel, des décisions prises et des évolutions prévisibles.

La route vers la sortie de cette crise inédite va être longue et la FEDA assurera sa mission pour vous rendre la vie plus facile.

Concernant notre Filière, elle a une responsabilité particulière dans un tel moment. Elle doit, à la fois, s’inscrire dans la lutte acharnée contre la propagation du virus mais aussi permettre aux chaines logistiques permettant aux opérateurs d’intérêt vital de fonctionner. Cela concerne l’alimentaire comme les industries directement liés à la santé, aux services de secours mais aussi celles qui reconvertissent leurs outils industriels pour produire, par exemple, de nouveaux produits de protection ou bien sûr des masques et des solutions hydro alcooliques. D’abord pour ceux là, il faut un service minimum que chaque organisation de distribution et de réparation doit structurer en toutes responsabilités et respect de règles.

Mais, il faut aussi penser à ce qui justifie depuis le début de l’histoire de l’humanité le motif principal du déplacement, la recherche de nourriture. De ce point de vue, nous allons retrouver le clivage entre urbains et ruraux. Dans la France rurale à l’habitat dispersé, une voiture en panne peut être un drame pour faire son ravitaillement de première nécessité. Statistiquement sur une période longue, un nombre significatif de véhicules de particuliers vont tomber en panne ( batteries ou autres). Il faut là encore mettre en place un service minimum car la solidarité ne fera pas tout.

Quand on arrête d’agir et d’aller de l’avant, un vertige vous saisie. L’intensité de ce vertige sera directement lié à la durée du confinement .Si le phénomène dure peu, on va dire 3 semaines / un mois donc jusque fin avril (ce délai semble déjà être dans la tête de beaucoup), si des évènements positifs viennent rassurer durant cette période : évolution de la recherche, diminution ici et là des taux d’infections et de mortalité et si la maitrise par l’état et le Président de la République est reconnue, alors le moral et l’inquiétude des Français se stabiliseront voire s’amélioreront.

Bien sûr et comme l’a dit Emmanuel Macron , l’Après ne sera jamais plus comme l’Avant mais les choses resteront maitrisées. Au-delà de ce temps-là, on ne peut raisonnablement plus rien imaginer.

Pour finir, Il faut, dit-on, connaitre son histoire pour mieux éviter de voir certains phénomènes se reproduire. La dernière pandémie comparable date d’un siècle. La grippe espagnole* est apparue aux Etats Unis mais a trouvé sa forme virulente sur les champs de bataille du Nord de la France à la fin de la Première guerre Mondiale. Le virus s’est répandu à travers le Monde par les soldats qui sont retournés chez eux avec la mort dans leurs musettes. Elle les avait épargnés pendant quatre ans, elle les a rattrapés comme si les 10 millions de morts n’avaient pas suffi, il lui en a fallu entre 20 et 50 millions de plus selon les estimations.

Les systèmes d’informations d’alors n’ont pas permis d’en mesurer l’ampleur et la progression comme c’est le cas aujourd’hui. Aucune précaution n’a été prise, on a simplement constaté les dégâts après coup. A l’époque, le monde comptait 1,7 milliards d’habitants, il en compte aujourd’hui plus de 6 milliards. Comparaison n’est pas raison, mais un simple calcul fait froid dans le dos !

Je pense souvent à cette photo de Guillaume Apollinaire habillé en soldat avec un pansement autour de la tête. Savoir qu’il n’est pas mort de cette blessure mais de la grippe espagnole m’a toujours plongé dans un profond désarroi. C’est probablement cela le surréalisme ou le symbolisme dont il était le précurseur.

Protégez- vous bien et courage à toutes et tous !

Alain LANDEC, Président de la FEDA

 

*Le qualificatif «espagnole» de cette grippe tient au fait que l’Espagne qui n’a pas pris part à la 1ére Guerre Mondiale, était le seul pays à donner des informations concernant cette pandémie