Cop 21: le scandale VW montre une exigeance nouvelle sur l'environnement

L'ampleur du scandale provoqué par l'affaire des moteurs truqués du géant de l'automobile Volkswagen montre que les consommateurs sont devenus plus exigeants en matière de protection de l'environnement, selon Manuel Pulgar, président de la COP20 de Lima, organisée en 2014.

"Un scandale de cette nature montre qu'aujourd'hui le consommateur est plus exigeant et n'accepte pas qu'une industrie prétende faire croire qu'elle a une conscience écologique qu'elle n'a pas", a confié Manuel Pulgar à l'AFP, à quelques jours de la Conférence sur le climat (COP 21) de Paris.

Volkswagen a avoué en septembre avoir équipé 11 millions de moteurs diesel d'un logiciel truqueur capable de fausser les résultats de tests antipollution. Le colosse aux 12 marques a également reconnu la semaine dernière avoir falsifié les niveaux d'émission de dioxyde de carbone (CO2) de 800.000 autres voitures.

Il en coûtera des milliards d'euros en rappel de véhicules, en pénalités et dédommagements divers.

Pour le ministre péruvien de l'Environnement, ce scandale qui a considérablement terni l'image du groupe allemand a eu un côté positif en ce qu'il a montré que la conscience écologique était bien présente au 21e siècle, une bonne nouvelle, estime-t-il, pour la COP 21.

"Je ne crois pas que ce scandale puisse affecter la position de l'Allemagne, notamment au vu des engagements allemands pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour le financement (face au changement) climatique, et de la participation active de Mme Merkel dans le processus de négociation", affirme le ministre.

La COP21 prendra fin avec un accord pour affronter le changement climatique d'une façon réaliste, estime déjà le ministre, optimiste pour cette conférence mondiale qui tentera de limiter à 2°C le réchauffement climatique.

"A Paris, un accord global et contraignant sera trouvé pour faire face au problème, à ses origines et à ses conséquences", assure-t-il.

 

La Chine, acteur central

Malgré les difficultés à trouver un consensus entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement, M. Pulgar est convaincu que "la COP21 va initier un processus pour l'avenir".

Ce n'est pas une étape qui prendra fin à Paris. "Il faut regarder les choses comme un processus. Les négociations continueront lors de la COP22 au Maroc, où il s'agira de mettre en place les accords de Paris", précise encore Manuel Pulgar.

Selon le président de la COP20, "la présence des chefs d'États lors du lancement de la COP21 montre une nouvelle façon d'envisager ce sommet. Cela aidera à consolider les positions et apporter un soutien politique essentiel pour que le 11 décembre - date de clôture de la COP21 - nous puissions célébrer un nouvel accord contraignant".

La récente déclaration conjointe des représentants chinois et français est un exemple de ce que doit être l'accord de Paris, soutient M. Pulgar.

"La forme de l'accord franco-chinois est ce que tout le monde espère pour le texte de Paris", affirme le ministre péruvien qui, avec le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, a mené les négociations dans cette dernière ligne droite.

"Je suis certain que la Chine sera un acteur central de l'accord de Paris", affirme-t-il.

Son optimisme est appuyé par la volonté de Lima et Paris à diriger ensemble les négociations: "Traditionnellement les présidences sortantes disparaissent à la moitié de l'année, mais le Pérou et la France ont convenu qu'un travail commun pourrait augmenter la capacité à générer des accords lors des négociations".

La COP21, qui se tiendra à Paris du 29 novembre au 11 décembre, comptera sur la présence de quelque 150 chefs d'État et de gouvernement.

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