Du 6 au 7 janvier 2014, plusieurs dizaines de salariés avaient occupé illégalement l'usine Goodyear d'Amiens-Nord et retenu le directeur de la production, Michel Dheilly, et le directeur des ressources humaines, Bernard Glesser, avant de les laisser partir, escortés par la police.
Quelques jours plus tard, l'usine fermait ses portes entraînant 1.143 licenciements.
L'audience a été renvoyée à la demande de Fiodor Rilov, avocat des prévenus.
"Le 18 mars, Me Rilov a demandé à la partie adverse les pièces du dossier. Il a reçu 500 pièces le 5 juin, il lui était impossible de tout examiner sérieusement en trois semaines, voilà pourquoi nous avons demandé le renvoi", a expliqué au tribunal Me Guyot, avocate amiénoise qui représentait Me Rilov.
Elle a également avancé que "l'ensemble des vidéos (NDLR : des reportages de France 3 Picardie sur l'occupation de l'usine) versées au dossier ne nous a toujours pas été communiqué. Ces pièces sont cruciales".
L'avocate a par ailleurs affirmé que les deux victimes avaient retiré leur plainte, ce que le tribunal ne semblait pas en mesure de confirmer.
Sept des huit prévenus ont assisté à l'audience ce mardi, contrairement aux deux plaignants, qui étaient absents.
Ils avaient déposé plainte à titre individuel, à l'inverse du Groupe Goodyear qui avait retiré la sienne en application de l'accord de fin de conflit signé avec les syndicats.
Mickaël Wamen, délégué CGT et prévenu dans le cadre de cette affaire, s'est dit "serein dans la mesure où les plaignants ont retiré leur plainte".
"S'ils l'on fait, c'est qu'il ne s'est rien passé. Pendant les auditions et les confrontations, cela a été clairement démontré. La CGT a joué un rôle de médiateur et pas un rôle de déclencheur", a-t-il déclaré.
Un an et demi après la fermeture de l'usine, 195 des 1.143 salariés licenciés ont retrouvé un travail ou créé leur propre entreprise tandis que 272 sont en formation.
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