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Branle-bas de combat pour faire pression sur Bridgestone (+vidéo)

Equipementiers

D'un bout à l'autre de l'échiquier politique, la mobilisation s'est intensifiée jeudi pour faire pression sur Bridgestone mais aussi le gouvernement et tenter de sauver l'usine de pneumatiques de Béthune (Pas-de-Calais) vouée par le manufacturier japonais à la fermeture à l'horizon 2021.

Les ministres Elisabeth Borne (Travail) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie) ont annoncé dans la soirée qu'elles se rendraient lundi après-midi sur place pour une réunion de travail avec les syndicats et les élus locaux, dont le président du Conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

Après l'annonce choc de la fermeture de l'usine (863 salariés), tombée comme un couperet mercredi matin, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a assuré que le gouvernement allait se "battre" pour tenter de "développer une autre activité avec des pneus plus larges que ceux produits actuellement sur le site".

"Et, si jamais nous n'arrivons pas à cette solution-là, (nous nous battrons pour) trouver des solutions de réindustrialisation du site pour qu'il y ait, pour chaque ouvrier, une solution cohérente et acceptable", a ajouté le ministre, fustigeant une décision "révoltante" de Bridgestone.

"Le vrai sujet, c'est le maintien du site, avec l'aide de l'Etat et des collectivités. La direction dit avoir réfléchi à des solutions alternatives mais ils n'ont pas échangé du tout avec nous là-dessus! Nous attendons au moins cet échange", affirme à l'AFP Stéphane Ducrocq, avocat du Comité social et économique.

L'usine produit des pneus de petits calibres pour les voitures. Bridgestone a justifié sa décision de la fermer par "des problèmes de marché structurels", une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coût.

Le groupe japonais, qui revendique le premier rang mondial sur le marché du pneu, décrit cette usine comme "la moins performante" parmi la dizaine de ses sites en Europe, mais les syndicats dénoncent un manque chronique d'investissements depuis des années.

"Aujourd'hui, les pneumatiques qu'on produit dans cette boutique n'ont pas de valeur ajoutée, on produit quasiment à perte", déplore Christian Duchateau, délégué CGT.

"On est asséché depuis des années mais on a un savoir-faire, on a été capable par le passé de développer de nouvelles technologies, mais il faut nous donner les moyens d'avancer", explique le militant syndical, depuis près de quatre décennies sur le site, où son père a travaillé avant lui. Il souligne que d'autres sites européens du groupe nippon ont, eux, bénéficié d'investissements.

Alors que les plans sociaux fleurissent -394 en France depuis mars, contre 249 sur la même période en 2019, selon les statistiques du ministère du Travail diffusées mi-septembre-, tout l'éventail politique s'est emparé de l'annonce de Bridgestone, jugée particulièrement brutale.

 

"Se mouiller"

Dès mercredi, des élus locaux ont rencontré les représentants du personnel.

"Si Bridgestone investit, l'Etat -on en a eu confirmation par la ministre (Agnès Pannier-Runacher, chargée de l'Industrie)- la région, les collectivités locales, mettront aussi de l'argent. Mais attention, avec des garanties pour l'avenir", a prévenu le président de la région Xavier Bertrand à l'issue de la réunion.

"On doit tout faire pour forcer, je dis bien forcer, Bridgestone, à envisager un autre plan industriel", a-t-il insisté, soulignant que les "petits pneus" ne se vendent plus.

Le numéro un du PCF Fabien Roussel, natif de Béthune, s'est à son tour rendu sur place jeudi et appelé le président Emmanuel Macron à "se mouiller".

"Quand je vois que Bridgestone a investi 140 millions d'euros à Poznan (en Pologne), où ils produisent 30.000 pneus par jour, et qu'ils baissent la production ici, c'est bien eux qui organisent la concurrence déloyale", a-t-il lancé devant les tours de l'usine.

Marine Le Pen a quant à elle rencontré à huis clos des salariés de Bridgestone à la mairie de Bruay-La-Buissière, une commune proche de Béthune passée au RN.

"Les salariés n'ont pas besoin de larmes de crocodile mais de vraies solutions et perspectives", a commenté le député RN Sébastien Chenu, qui a publié les photos de la rencontre sur Twitter.

Pour la France Insoumise, "l'Etat doit exiger le remboursement des aides publiques" à Bridgestone. Valérie Pécresse, la présidente ex-LR de la région Ile-de-France, réclame elle aussi qu'on aille "récupérer les subventions" accordées à "des entreprises qui seraient vraiment des entreprises voyous".

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