Bourse de Tokyo: le Nikkei au plus haut depuis août

La Bourse de Tokyo a fini en nouvelle hausse vendredi, soutenue par l'appréciation du dollar sur fond de spéculations de hausse dès décembre des taux directeurs américains, dans un marché très calme avant les chiffres de l'emploi américain.

A l'issue des échanges, le Nikkei des 225 valeurs vedettes a pris 0,78% (+149,19 points) à 19.265,60 points, son niveau de clôture le plus élevé depuis le 21 août. Il avait déjà augmenté mercredi et jeudi et a ainsi gagné 0,96% sur l'ensemble de la semaine.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a progressé pour sa part de 0,55% (+8,49 points) à 1.563,59 points.

Sur le volet des changes, le dollar valait à la clôture autour de 121,80 yens, plus haut que la veille et que vendredi en tout début de journée, d'où l'achat de titres de groupes exportateurs.

L'euro est quant à lui remonté d'un demi-yen depuis jeudi, à 132,55 yens.

La séance, peu active avec 1,8 milliard de titres échangés sur le premier marché, a été dominée par la prudence dans l'attente du rapport mensuel sur l'emploi américain en octobre.

"Si le document ressort en ligne avec les attentes des analystes, la probabilité d'une hausse des taux cette année va augmenter", a commenté pour Bloomberg News Juichi Wako, chez Nomura Holdings. "Le yen s'est affaibli dans ce contexte de spéculations grandissantes, et c'est un atout pour le Japon".

Sur le front des valeurs, l'action du fabricant d'airbags Takata s'est une nouvelle fois illustrée. Elle a terminé en baisse de 6,18% à 834 yens après avoir chuté jusqu'à 15% dans la matinée, après des propos jugés rassurants du PDG de Toyota.

 

Takata lâché par les constructeurs

Les investisseurs ont visiblement interprété de façon positive des déclarations d'Akio Toyoda, intervenues en début d'après-midi.

"Les gonfleurs d'airbags de Takata à base de nitrate d'ammonium ne seront plus utilisés par Toyota. Quant aux autres types de gonfleurs, nous examinerons au cas par cas", a-t-il déclaré à l'occasion d'une conférence de presse sur un autre sujet.

Si la cause reste inconnue à ce stade, le nitrate d'ammonium est soupçonné d'être un des facteurs à l'origine des explosions et Takata s'est engagé à ne plus utiliser ce gaz d'ici à la fin 2018.

Convaincu de mensonges et puni d'une lourde amende aux Etats-Unis, le spécialiste des ceintures et coussins de sécurité a été lâché par ses principaux clients (Honda, Mazda, Mitsubishi Motors et Subaru).

Malgré ce retentissant scandale, Takata a estimé vendredi, dans des résultats publiés à l'issue des échanges, qu'il finirait l'exercice 2015-2016 dans le vert.

Du côté des comptes dévoilés jeudi après la clôture, l'opérateur télécoms KDDI a grignoté 0,47% à 2.940 yens au lendemain de bons résultats mais sans surprise. Le groupe de commerce en ligne Rakuten a pour sa part abandonné 3,19% à 1.562 yens, alors que des impôts plus élevés ont fait stagner son résultat net.

Dans le secteur automobile, Toyota a fini en modeste hausse (+0,09% à 7.502 yens), les investisseurs réagissant sans enthousiasme à l'annonce de résultats semestriels laissant certes espérer des bénéfices records, mais traduisant des difficultés dans les pays émergents. Mazda a quant à lui gagné 1,53% à 2.447 yens après une publication de bonne tenue.

Nissan a à l'inverse perdu 1,60% à 1.259,5 yens sur fond de tensions entre l'alliance Renault-Nissan et l'Etat français. Le Conseil d'administration du groupe au losange doit se retrouver vendredi pour se pencher sur cette crise.

Autre action dans les radars, celle du conglomérat Toshiba (+1,11% à 335,1 yens), qui peine à se remettre d'un scandale de comptes sciemment enjolivés. Selon des informations de presse, le groupe, qui doit annoncer samedi après-midi ses résultats semestriels, va réclamer des dommages et intérêts à trois ex-PDG et deux directeurs financiers.

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