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Xavier Bertrand à la direction de Bridgestone: "jamais trop tard pour bien faire"

Equipementiers

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a exhorté mardi le géant japonais du pneumatique Bridgestone à financer au "maximum" le plan social de la fermeture de son site de Béthune qui emploie 863 personnes, estimant qu'il n'est "jamais trop tard pour bien faire".

"Aujourd'hui, le problème est très simple, en juin prochain il est prévu zéro emploi sur le site. Il est prévu aujourd'hui 120 millions d'euros pour l'ensemble des salariés pour leur permettre de s'en sortir, de rebondir et pour aussi retrouver des emplois sur ce site", a déclaré M. Bertrand sur France Bleu Nord.

Bridgestone a confirmé jeudi qu'il allait fermer son usine de Béthune, mettant en avant un "problème de surcapacité" du groupe en Europe.

Qualifiant de "plaisanterie" ce montant de 120 millions d'euros, le président de l'exécutif régional réclame "le maximum" à Bridgestone. Car "je veux que Bridgestone paie une partie du salaire de départ et des charges de départ" lorsque "les ex-Bridgestone (...) seront recrutés par un nouvel employeur".

La ministre du Travail Elisabeth Borne a souligné de son côté que le gouvernement serait "extrêmement exigeant" face au manufacturier japonais pour qu'il "respecte ses engagements sur la revitalisation du site".

"Aucun salarié sur le bord de la route, c'est l'engagement que nous prenons (...) Nous veillerons à ce que tous les salariés bénéficient d'un accompagnement sur le reclassement", a poursuivi la ministre mardi devant l'Assemblée nationale, répondant à une question du député du Nord Adrien Quatennens (LFI).

Bridgestone avait brutalement annoncé mi-septembre la fermeture de son usine de Béthune. Il a depuis rejeté le scénario alternatif proposé par le gouvernement, visant à investir sur ce site pour le transformer en usine de production de pneus de qualité supérieure à ceux de petit calibre manufacturés jusqu'alors.

Pour Xavier Bertrand, dans ce contexte, Michelin est un "exemple" à "suivre". "Quand ils ont fermé des usines, eux, ils ne se sont pas contentés du minimum. Ils ont fait le maximum pour que les salariés puissent retrouver dignement un travail et qu'il puisse y avoir de nouvelles activités."

"Bridgestone, depuis le début ils se comportent mal, mais il n'est jamais trop tard pour se refaire et pour bien faire", espère encore M. Bertrand.

Selon l'intersyndicale, le gouvernement a évoqué jeudi l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site.

"La direction a une fois de plus fait preuve de mauvaise foi et de manque de transparence envers les élus qui ne cessent de réclamer des explications sur les différents scénarii envisagés concernant la fermeture du site", a également affirmé mardi à l'issue d'un CSE l'intersyndicale, dans un tract.

Les représentants syndicaux déplorent que leurs experts ne soient "toujours pas en possession des informations leur permettant d'avancer dans leurs travaux", et se disent prêts à saisir l'administration du travail.

"Il est évident que la direction tente de gagner du temps pour éviter d'avoir à expliquer clairement l'inexplicable: il n'y a pas de motif à la fermeture du site de Béthune!", insistent-ils.

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© 2020AFP