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"ElectriCity" : le futur pôle électrique de Renault dans les Hauts-de-France

Constructeurs

Renault va installer début 2022 dans les Hauts-de-France le coeur de sa production de véhicules électriques, avec un pôle "ElectriCity" s'appuyant sur trois usines existantes, qui fabriqueront entre autres la nouvelle R5 électrique, et sur une nouvelle usine de batteries. Voici ce que l'on sait du projet :

- Début 2022 -

Renault va regrouper au 1er janvier 2022 ses usines de Douai, Maubeuge (Nord) et Ruitz (Pas-de-Calais) au sein d'une seule entité juridique, filiale à 100% du groupe, selon l'accord négocié avec les syndicats, que tous ont décidé de signer mardi et que l'AFP a consulté.

Douai fabrique actuellement les modèles haut de gamme de Renault: Espace, Scenic et Talisman. Maubeuge produit notamment le Kangoo et Ruitz des boîtes de vitesse et pièces mécaniques.

Déjà en activité réduite avant la crise sanitaire, ces sites souffrent du marasme du marché automobile lié au Covid-19, auquel s'ajoute cette année la pénurie mondiale de composants électroniques, souligne Renault.

- Un rouage de la "Renaulution" -

Le groupe a "l'ambition de faire des usines Renault des Hauts-de-France la plus importante et la plus compétitive des unités de production de véhicules électriques en Europe", selon l'accord.

Douai doit fabriquer la nouvelle R5, présentée en janvier, et la nouvelle Mégane. Maubeuge se consacrera aux véhicules utilitaires légers, dont un fourgon électrique. Ruitz deviendra un "acteur clé de la transition vers le véhicule électrique" en produisant les bacs de batterie.

L'évolution de ces trois usines s'intègre au plan "Renaulution" présenté début 2020, avec lequel Renault compte se tourner résolument vers l'électrique.

Dans les Yvelines, en région parisienne, l'usine de Flins doit devenir un centre de recyclage de véhicules et de batteries, et le site de Villiers-Saint-Frédéric un centre de développement d'utilitaires à hydrogène.

- Batteries chinoises -

Douai pourrait également accueillir sur une centaine d'hectares la deuxième usine de batteries de France, après celle de Stellantis et TotalEnergies à Douvrin, à 30 km de là, dans le Pas-de-Calais.

Pour lancer cette usine, Renault s'appuierait sur le groupe chinois AESC-Envision, d'après les journaux Le Figaro et Les Échos.

Envision, qui a acheté la division de batteries électriques de Nissan, le grand partenaire japonais de Renault, avait annoncé fin 2020 son intention de s'implanter en France.

- L'emploi -

Alors que Renault avait annoncé en mai 2020 la suppression de 15.000 emplois sur trois ans dans le monde, dont 4.600 en France sans licenciements secs, le groupe "confirme" avec ElectriCity sa volonté "de maintenir une activité industrielle dans les trois sites des Hauts-de-France au-delà de 2025 avec des perspectives de recrutement", est-il écrit dans l'accord.

À la fin mars, ces sites employaient au total environ 4.800 salariés en CDI. Les contrats de travail de ces salariés seront transférés automatiquement à la nouvelle société avec maintien de l'ancienneté.

La direction "envisage" 700 embauches en CDI "entre 2022 et fin 2024", au sein de Renault ElectriCity (la moitié à Maubeuge, l'autre moitié répartie entre Douai et Ruitz), selon le texte.

- Un cadre social "harmonisé" -

L'accord prévoit des négociations pour "harmoniser" le cadre social dans les trois sites, notamment pour l'organisation du temps de travail et la rémunération.

"Les salariés actuels des trois sites intégrés dans la nouvelle filiale" verront "leur rémunération nette inchangée", a relevé Guillaume Ribeyre, délégué CFE-CGC. ll y aura "un réalignement de certaines primes" mais "les rémunérations annuelles seront identiques", a confirmé Fabrice Roze, délégué CFDT.

L'organisation du travail sera "un peu plus flexible" en fonction de la variation d'activité, a indiqué M. Roze.

- Les réactions syndicales -

L'ensemble des syndicats - CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, SUD et CFTC - ont décidé de signer l'accord. Mais plusieurs ont prévenu qu'ils seraient vigilants quant au respect des promesses.

La CGT signe "sans trop d'illusions sur les volumes d'activité et les hypothétiques embauches". La CFDT "s'engage" pour "assurer l'avenir de Renault". La CFE-CGC note "l'engagement de la direction à ne fermer aucun site".

FO salue "la création de 700 emplois" et celles espérées dans une usine de batteries. SUD "n'aurait pas signé" sans les promesses d'embauches. Et la CFTC se réjouit "pour l'avenir" des bassins d'emploi.

er-tsz/bfa/tes

© 2021AFP