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Chez les géants du CAC 40, des mesures en cascade pour affronter la crise du coronavirus

Constructeurs, Equipementiers

Annulation des prévisions, réduction des investissements, chômage partiel: les entreprises du CAC 40 annoncent des mesures en cascade pour faire face à la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19. Le point sur la situation.

Objectifs remis en question

Environ la moitié des groupes présents dans le CAC 40 ont fait part de perturbations liées à la crise sanitaire.

Airbus, Danone ou encore Vinci: la liste des géants français prévenant qu'ils ne seront pas en mesure d'atteindre leurs objectifs en 2020 ne cesse de s'allonger.

Quelques groupes ont commencé à chiffrer les dégâts. Danone a été parmi les premiers à revoir ses perspectives à la baisse, prévoyant dès février un impact de 100 millions d'euros de l'épidémie sur ses ventes au premier trimestre, alors qu'elle était à son paroxysme en Chine.

Le chiffre d'affaires annuel de Sodexo devrait chuter de façon encore plus brutale: le géant de la restauration collective anticipe un impact négatif de l'ordre de deux milliards d'euros pour l'exercice 2019/2020.

De son côté, Kering s'attend à ce que son chiffre d'affaires du premier trimestre soit amputé de centaines de millions d'euros, ce qui affectera sa rentabilité. Et ce n'est qu'un début, a prévenu l'entreprise de luxe.

Le bénéfice d'exploitation 2019/2020 de Pernod Ricard devrait, quant à lui, plonger de 20%.

Chez Bouygues, Michelin, Legrand ou encore Schneider Electric les objectifs sont "suspendus". Ces groupes ne donnent aucune autre indication en raison du manque de visibilité liée à la pandémie.

Certains effectueront une mise à jour lors de la présentation de leurs chiffres trimestriels. D'autres, comme Publicis, ne donneront aucune prévision "jusqu'à nouvel ordre".

 

Investissements réduits

Dans ce contexte incertain, un seul mot d'ordre pour ces entreprises: préserver leur trésorerie afin de continuer à financer leurs frais fixes et à fonctionner. La baisse des investissements figure parmi les premières mesures décidées.

Exemple emblématique, Total, confronté à une chute des cours du pétrole en plus de l'épidémie, va réduire ses investissements de plus de 20%, soit de 3 milliards de dollars. Le groupe compte renforcer en parallèle son plan d'économies.

De son côté, EssilorLuxottica, dont l'activité se détériore dans différentes zones au fur et à mesure de l'avancée du Covid-19, a suspendu ses "investissements non-essentiels". Dans la foulée, citant les incertitudes liées à la pandémie, le groupe a suspendu son programme de rachats d'actions, annoncé mi-mars et qui devait initialement se clore le 27 mai.

Vinci, à la fois affecté sur ses chantiers, sur les autoroutes et dans les aéroports, a prévenu qu'il limiterait ses dépenses dans ces derniers.

Saint-Gobain, autre géant de l'industrie à avoir annulé ses prévisions pour 2020, va réduire ses investissements de manière drastique.

 

Plus de crédit, moins de dividendes

Pour faire face à des besoins de liquidités plus importants, certains groupes du CAC 40 ont recours à de nouveaux emprunts.

L'avionneur européen Airbus a obtenu une nouvelle ligne de crédit pour porter ses liquidités disponibles à 30 milliards d'euros contre 20 précédemment. Safran, dont les objectifs annuels sont aussi annulés, a ouvert une nouvelle ligne de crédit de 3 milliards d'euros.

Ces acteurs de l'aéronautique ont tout deux décidé de ne pas verser de dividende à leurs actionnaires pour 2019, devançant un projet de loi gouvernemental.

Chez Engie, les cinq organisations syndicales avaient déjà demandé à l'Etat (actionnaire de référence) que le dividende 2019 soit entièrement affecté au redémarrage après la crise.

 

Fermetures de sites, chômage partiel

Entre les difficultés d'approvisionnement, d'écoulement de production et les mesures sanitaires pour protéger les employés, plusieurs poids lourds de l'industrie ont préféré fermer des sites, entraînant la mise au chômage temporaire des salariés.

Safran a notamment recours à l'activité à temps partiel. En France, 10% des effectifs du groupe sont présents sur site, environ 30% sont en télétravail et près de 60% au chômage technique.

Dans les autres pays où l'équipementier aéronautique est présent, la situation varie selon la législation.

Chez Saint-Gobain, l'activité se poursuit "tout en réduisant les coûts": le groupe a recours à des réductions d'équipes, du chômage partiel et des arrêts.

Dans le secteur automobile, les annonces de fermetures d'usines se sont enchaînées. Renault, PSA et Michelin ont notamment suspendu l'essentiel de leur production en Europe, même si PSA s'est dit vendredi en mesure de la faire redémarrer progressivement.

Dans le luxe, Hermès a fermé jusqu'à fin mars tous ses sites français, employant 9.500 personnes.

bur-vac/eb

© 2020AFP